August 8, 2016 / 2:47 PM / in a year

LEAD 2-El Khomri valide le licenciement d'un délégué CGT d'Air France

4 MINUTES DE LECTURE

* Poursuivi dans l'affaire des "chemises arrachées"

* La CGT dénonce une décision "revancharde"

* Le délégué dit son intention de "contre-attaquer" (Actualisé avec le délégué CGT, précisions)

PARIS, 8 août (Reuters) - Myriam El Khomri a validé le licenciement d'un délégué CGT d'Air France poursuivi dans l'affaire dite "des chemises arrachées" lors d'un comité central d'entreprise en octobre 2015, a annoncé le ministère du Travail lundi.

"A l'issue d'une analyse longue et minutieuse des faits survenus le 5 octobre 2015 en marge du comité central d'entreprise du groupe Air France, et sur la base des éléments portés au dossier, il ressort que la faute reprochée est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié protégé", peut-on lire dans un communiqué.

"Cette décision est cohérente avec le licenciement des quatre autres salariés impliqués dans le même dossier, qui ne bénéficient d'aucun mandat syndical et dont le cas n'est donc pas soumis à l'autorisation de l'inspection du travail", ajoute le ministère.

Le salarié concerné, Vincent Martinez, conserve la possibilité de former un recours de la décision de la Direction générale du travail devant le tribunal administratif, précise-t-il.

"C'est une décision qui va à l'encontre de celle prise par l'inspection du travail" qui avait refusé en janvier le licenciement pour faute lourde du délégué syndical, a réagi le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez.

"J'y vois une décision politique et revancharde de la part du gouvernement par rapport au mouvement social à Air France et au mouvement social que nous menons" contre la loi travail, a-t-il dit à Reuters, précisant que le syndicat allait étudier les recours possibles.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat de la part d'Air France.

"décision Politique"

Sur Europe 1, Vincent Martinez s'est lui dit surpris par la décision du ministère et a annoncé son intention de "contre-attaquer".

"J'avais fourni une vidéo où on montrait clairement mon rôle modérateur, c'est-à-dire que je n'étais pas venu là pour casser mais plutôt pour essayer de protéger", a-t-il dit. "J'ai bien montré cette vidéo à l'inspection du travail, je l'ai montrée aussi (...) au ministère du Travail mais (...) il y avait une décision qui était prise depuis longtemps, une décision un peu politique."

Le 5 octobre 2015, le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, et un responsable de l'activité long-courrier, Pierre Plissonnier, avaient été pris à partie par des salariés furieux après l'annonce de 2.900 suppressions de postes.

Les images montrant ces dirigeants fuyant les manifestants, chemise arrachée et costume déchiré, ont fait le tour du monde. D'autres cadres avaient été molestés et des vigiles blessés.

Le Premier ministre Manuel Valls avait dénoncé des comportements de "voyous" et demandé des sanctions "lourdes" pour leurs auteurs.

Le procès des salariés d'Air France poursuivis dans cette affaire a été renvoyé aux 27 et 28 septembre. La CGT a lancé un appel à manifester ces jours-là en faveur de leur relaxe. (Marine Pennetier, avec Cyril Altmeyer, édité par Tangi Salaün)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below