Hinkley Point-La décision d'investir pas légitime-syndicats EDF

lundi 8 août 2016 09h18
 

PARIS, 8 août (Reuters) - La décision du conseil d'administration d'EDF d'autoriser la construction de deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération sur le site d'Hinkley Point, au Royaume-Uni, n'est pas légitime car des administrateurs ignoraient que le gouvernement britannique avait réclamé un nouveau délai, estiment lundi trois syndicats de l'énergéticien.

"La délibération du conseil d'administration d'EDF sur HPC, prise sur la base d'informations incomplètes, est nulle et non avenue", écrivent dans un communiqué commun la CGT, CFE-CGC et FO, toutes trois représentées au sein de l'instance de gouvernance du groupe.

"Certains des administrateurs disposaient d'une information cruciale sur le projet HPC, alors que la volonté britannique à aller très vite a toujours été présentée comme la justification de l'urgence à signer", poursuivent les organisations syndicales, qui ont déjà lancé une série de recours contre le projet.

EDF n'a pas souhaité faire de commentaire.

Le 28 juillet, le conseil d'administration d'EDF a voté à une étroite majorité en faveur du lancement du projet d'Hinkley Point mais, quelques heures plus tard, Londres a annoncé qu'il ne comptait prendre sa décision qu'au début de l'automne.

Dans un courrier adressé le 2 août au comité exécutif et obtenu par Reuters, le PDG d'EDF a expliqué qu'il avait été informé, tard le 27 juillet, que la Première ministre britannique, Theresa May, "demandait un peu plus de temps".

Vendredi, l'entreprise a annoncé que Jean-Bernard Lévy allait attaquer en justice le syndicat Sud Energie, qui l'a accusé de mensonge. (Julien Ponthus, édité par Simon Carraud)