Hinkley Point-Le PDG d'EDF va attaquer Sud Energie en justice

samedi 6 août 2016 13h49
 

PARIS, 6 août (Reuters) - Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, va attaquer en justice le syndicat Sud Energie, qui l'a accusé de mensonge dans le cadre du projet Hinkley Point, a annoncé EDF.

Le 5 août, Sud Energie "a indûment prétendu qu'il aurait menti aux journalistes en affirmant qu'il ne connaissait pas, lors du conseil d'administration, l'intention du gouvernement britannique de procéder à un nouvel examen du projet Hinkley Point", écrit EDF dans un communiqué, envoyé vendredi soir.

L'entreprise ajoute qu'elle-même et son PDG poursuivront de la même manière "toute personne colportant de telles contre-vérités".

Le 28 juillet, le conseil d'administration d'EDF a voté à une étroite majorité en faveur du lancement de ce projet de construction de deux réacteurs de nouvelle génération au Royaume-Uni. Mais quelques heures plus tard, Londres a annoncé qu'il ne comptait prendre sa décision qu'au début de l'automne.

Selon plusieurs sources, les administrateurs n'ont pas été informés des hésitations de Londres lors du conseil et certains d'entre eux ont estimé par la suite qu'ils auraient dû l'être.

Dans un courrier adressé le 2 août aux administrateurs et obtenu par Reuters, Jean-Bernard Lévy explique qu'il a été informé, tard le 27 juillet, que la Première ministre britannique, Theresa May, "demandait un peu plus de temps".

"Nous n'avions pas d'alerte sur le fond, et nous ignorions l'existence et le contenu du communiqué de presse du gouvernement britannique", ajoute-t-il.

Le 29 juillet, Jean-Bernard Lévy avait déclaré à des journalistes qu'il ne savait pas, au moment du conseil du 28, que le gouvernement britannique souhaitait "approfondir sa réflexion".

Dans son communiqué, EDF explique qu'"au moment où le conseil d'administration de l'entreprise s'est tenu, EDF et son président n'avaient pas connaissance de la volonté du gouvernement britannique de procéder à un nouvel examen du projet Hinkley Point".

"Le seul élément connu le 28 juillet avant le communiqué du gouvernement britannique était le report de la signature initialement envisagée le vendredi 29 juillet. Or cette possible date de signature, qui n'était pas confirmée, n'avait été, de ce fait, communiquée ni aux administrateurs, ni au marché : son report ne nécessitait donc aucune information rectificative", poursuit le groupe.

EDF se félicite d'autre part du rejet vendredi par le tribunal de grande instance de Paris de la demande de suspension de la décision finale d'investissement. (Jean-Baptiste Vey)