Vivendi fera tout pour trouver une solution avec Mediaset-Puyfontaine

dimanche 31 juillet 2016 21h40
 

PARIS, 31 juillet (Reuters) - Vivendi fera "tout pour trouver une solution avec Mediaset" mais il n'en fait pas "une condition sine qua non" pour son projet de développement européen, déclare Arnaud de Puyfontaine, président du directoire du groupe français dans un entretien à paraître lundi dans Les Echos.

Le différend entre Mediaset et Vivendi au sujet de Mediaset Premium, la filiale de télévision payante du groupe italien, s'est envenimé cette semaine avec des menaces de procès de part et d'autre.

Le conseil d'administration de Mediaset a rejeté la proposition alternative du groupe français pour le rachat de Mediaset Premium et fait savoir qu'il demanderait des dommages et intérêts après sa brusque volte-face.

Les deux groupes étaient convenus le 8 avril d'échanger des participations croisées et de céder à Vivendi 100% du capital de Mediaset Premium, mais le groupe de Vincent Bolloré a fait marche arrière mardi dernier, proposant de racheter seulement 20% de la télévision payante et de prendre une participation d'environ 15% dans Mediaset sur trois ans à travers une obligation convertible.

"Le projet de Vivendi de créer un groupe français leader mondial des contenus reste d'actualité. Nous ferons tout pour trouver une solution avec Mediaset, mais ce n'est pas une condition sine qua non", explique Arnaud de Puyfontaine.

"Il y a d'autres acteurs en Italie. Depuis mai 2015, nous avons commencé un voyage au sein de Telecom Italia qui nous permet de prendre pied dans les infrastructures et nous place dans une bonne position stratégique", dit-il.

"Les ponts ne sont pas coupés", souligne le dirigeant. "Contrairement à ce que dit Mediaset, la proposition de Vivendi de changer le deal n'est pas tombée du ciel."

Il juge "totalement erronées" les accusations de prise de contrôle rampante de Mediaset par Vivendi.

"Qui sait ce qui se passera dans cinq ou dix ans ? L'accord envisagé peut nous aider à mieux nous connaître. Mais dire que nous avons instrumentalisé l'accord pour réaliser un objectif final qui serait la prise de contrôle de Mediaset, nous le réfutons formellement." (Sophie Louet)