21 juillet 2016 / 12:52 / dans un an

EXTRAITS-Conférence de presse du président de la BCE, Mario Draghi

FRANCFORT, 21 juillet (Reuters) - Voici les principaux extraits de la conférence de presse du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, jeudi après l‘annonce du maintien de ses taux directeurs à l‘issue de la dernière réunion de son Conseil des gouverneurs avant la pause estivale.

Le taux de refinancement, principal taux directeur de la BCE, reste fixé à zéro, le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25% et le taux de la facilité de dépôt à -0,4%. Ces trois taux ont été modifiés pour la dernière fois le 10 mars dernier:

INCIDENCES DES CRÉANCES DOUTEUSES DU SECTEUR BANCAIRE ITALIEN

“Plus ce problème (des créances douteuses, NPL) durera et moins le système bancaire fonctionnera, tout au moins pour les banques aux NPL élevées. Et ces banques seront encore moins capables de diffuser notre politique monétaire dans l‘économie réelle. En outre, un niveau élevé de NPL rend les banques particulièrement vulnérables aux marchés”.

RISQUE SYSTÉMIQUE LIÉ À UNE GRANDE BANQUE ALLEMANDE

Question - Le FMI a distingué un grand établissement financier basé à Francfort comme étant l‘un des principaux risques pour la stabilité financière mondiale. Partagez-vous cette préoccupation?

Réponse de Draghi - Je ne ferai aucun commentaire sur tel ou tel établissement financier.

TURQUIE

“Il est très difficile de savoir dans quelle mesure ces événements géopolitiques affecteront l‘économie (de la zone euro) (...) Il est fort probable qu‘ils affecteront la confiance mais il est très difficile de s‘avancer sur la façon dont ils affecterons les choses dans un avenir immédiat.”

IMPACT DU BREXIT SUR LA CROISSANCE DE LA ZONE EURO

”Le chiffre qui a circulé au lendemain du Brexit donnait un impact (sur la croissance de la zone euro) de 0,2% à 0,5% sur trois ans. Je pense que la Commission a publié un chiffre similaire, de 0,25% à 0,5%.

”Il faut prendre ces estimations avec un minimum de précaution.

”L‘incertitude est grande parce qu‘avant tout ces chiffres dépendront en définitive du temps qu‘il faudra pour conclure ces négociations et donc pour livrer des perspectives que nous ne possédons pas aujourd‘hui.

”En second lieu, ces chiffres dépendront aussi du résultat qui en sortira, c‘est pourquoi je pense il vaut mieux être prudent.

“Ce qui est certain, c‘est que les marchés financiers et le secteur bancaire ont réagi à l‘événement sans se démonter; nous n‘avons observé aucune perturbation, que ce soit suir les marchés financiers ou dans le secteur bancaire”.

RISQUE D‘ASSÈCHEMENT DU GISEMENT D‘OBLIGATIONS

“Nous avons par le passé suffisamment fait la preuve (...) de notre capacité à adapter nos achats pour atteindre 80 milliards d‘euros par mois jusqu‘en mars 2017 voire au-delà”.

CHUTE DES ACTIONS DU SECTEUR BANCAIRE

“Les valorisations bancaires revêtent une importance certaine pour les autorités monétaires parce que, lorsqu‘elles chutent comme elles l‘ont fait, il faut en déduire que ce n‘est pas ponctuel, que le coût du capital augmentera et qu‘il y aura donc une baisse du rendement net des crédits, ce qui laisserait supposer, de la part du secteur bancaire, une politique des prêts plus réservée. C‘est pourquoi nous nous préoccupons de la valeur des actions bancaires pour ce qui est de la diffusion de notre politique monétaire”.

CRÉANCES DOUTEUSES

”La politique monétaire soutient en partie l‘activité économique et son objet et de maintenir la stabilité des prix; d‘autres mesures monétaires s‘imposent toutefois pour tirer tous les avantages de notre politique monétaire et l‘une d‘elles consiste à s‘attaquer aux créances douteuses (NPL) et plus généralement l‘exposition à ce type de créances dans la zone euro.

”Nous n‘envisagerions pas cela comme un risque mais il faut le traiter.

”Nous avons des règles en place, les règles sur les aides publiques et, comme je l‘ai dit à plusieurs reprises, ces règles intègrent toute la souplesse nécessaire pour faire face à des circonstances exceptionnelles.

“La prérogative et la responsabilité de faire jouer ces règles appartiennent à la Commission (européenne)”.

BREXIT ET INFLATION

“Pour ce qui est des perspectives d‘inflation, le Brexit ne semble pas avoir eu le moindre effet sur les anticipations d‘inflation. D‘un autre côté, les anticipations s‘appuyant sur le marché montre un fléchissement marqué (des anticipations d‘inflation) (...) puis une remontée”.

ACTION POST-BREXIT

“Nous avons conclu que nous n‘avions pas encore assez d‘informations pour prendre une décision et nous avons jugé que, dans les mois à venir, lorsque nous aurons plus d‘informations, y compris les nouvelles prévisions de l‘Eurosystème, nous serons davantage en mesure d‘évaluer la situation macroéconomiques de fond; aucune attention particulière n‘a été accordée à une discussion sur des instruments spécifiques pour l‘heure”.

IMPACT DU BREXIT

”A la suite du référendum au Royaume-Uni sur l‘appartenance à l‘Union européenne, nous estimons que les marchés financiers de la zone euro ont surmonté le vif regain d‘incertitude et de volatilité avec courage et résistance.

“La volonté affirmée des banques centrales de fournir si nécessaire de la liquidité et nos mesures de politique monétaire accommodante, ainsi que notre solide cadre réglementaire et prudentiel, ont tous permis de contenir la tension du marché. Les conditions de financement restent nettement avantageuses.”

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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