July 21, 2016 / 12:07 PM / a year ago

La Turquie promet plus de démocratie malgré l'état d'urgence

4 MINUTES DE LECTURE

par Humeyra Pamuk et Seda Sezer

ISTANBUL, 21 juillet (Reuters) - Les autorités turques se sont efforcées jeudi de convaincre les habitants du pays et le monde extérieur que la démocratie sortira renforcée de la tentative ratée de coup d'Etat du 15 juillet, après laquelle le président Recep Tayyip Erdogan a instauré l'état d'urgence pour la première fois depuis les années 1980.

Les jours écoulés depuis le putsch raté d'une faction de l'armée ont été marqués par l'arrestation, la révocation ou la suspension de dizaines de milliers de militaires, policiers, magistrats, enseignants et fonctionnaires.

Un député du principal parti d'opposition, le CHP (Parti républicain du peuple), a estimé que l'état d'urgence revenait à instaurer "une manière de gouverner qui ouvre la voie à des abus".

Recep Tayyip Erdogan a précisé mercredi soir que l'état d'urgence durerait trois mois au moins, expliquant que ce régime permettrait à son gouvernement de lutter rapidement contre les partisans du coup d'Etat.

L'instauration ces mesures exceptionnelles a pour objectif d'éviter que se produise une nouvelle tentative de coup d'Etat, a expliqué le ministre de la Justice Bekir Bozdag, assurant que les citoyens turcs ne ressentiraient aucun changement dans leur vie de tous les jours.

Le vice-Premier ministre Mehmet Simsek a quant à lui assuré que la Turquie ne renouerait pas avec la répression qu'elle a subie sous la loi martiale au cours des dernières décennies.

"L'état d'urgence en Turquie n'inclura aucune restriction de mouvement, de réunion, de liberté de la presse etc. Il ne s'agit pas de la loi martiale des années 1990", a-t-il écrit sur Twitter. "J'ai confiance, la Turquie en sortira avec une démocratie renforcée, une économie de marché qui fonctionne mieux et un climat plus favorable à l'investissement."

Mais les marchés financiers, qui apprécient généralement l'ancien banquier qu'est Simsek, ne semblaient pas convaincus dans l'immédiat: la livre turque a touché un nouveau plus bas historique face au dollar et la Bourse d'Istanbul perdait près de 3,5% à la mi-journée.

Erdogan attribue la responsabilité de la tentative de putsch militaire - qui a fait 246 morts et des centaines de blessés - au réseau des partisans du prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et il a demandé à Washington de l'extrader.

L'état d'urgence est entré en vigueur officiellement dès jeudi matin avec sa publication au Journal officiel. Son instauration doit être formellement approuvée par les députés dans la journée mais il s'agit d'une simple formalité, l'AKP, le parti présidentiel, disposant de la majorité des sièges.

Le parti d'opposition nationaliste MHP a en outre exprimé son soutien à la décision du président, son chef de file, Devlet Bahceli, l'assurant de son soutien "inconditionnel dans cette période sombre et difficile, quoi qu'il en coûte".

Le vice-premier ministre Numan Kurtulmus a par ailleurs annoncé que la Turquie allait temporairement déroger à la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) suivant ainsi l'exemple de la France. (Marc Angrand et Nicolas Delame pour le service français)

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