Affaire 1MDB - Plainte du département de la Justice aux USA

mercredi 20 juillet 2016 15h31
 

20 juillet (Reuters) - Le département de la Justice des Etats-Unis a porté plainte mercredi afin de saisir des actifs liés au fonds souverain malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB), au coeur d'un scandale politico-financier, en expliquant que 1MDB avait subi des détournements de fonds de plus de 3,5 milliards de dollars.

La fraude présumée s'est étendue sur quatre ans et a été perpétrée par plusieurs individus, dont des responsables malaisiens, qui se sont entendus pour détourner des milliards de dollars du fonds, estime le département de la Justice.

Les différentes plaintes déposés par ce dernier ne citent à aucun moment le Premier ministre malaisien Najib Razak mais elles mentionnent son gendre Riza Aziz, l'homme d'affaires malaisien Low Taek Jho, surnommé Joh Low, ainsi que Khadem al Qoubaïssi et Mohamed Ahmed Badaoui al Husseïni, deux hauts fonctionnaires du gouvernement d'Abou Dhabi.

Suivant ces plaintes, les fonds détournés de 1MDB ont été transférés au co-fondateur de Petrosaudi, une société qui avait constitué une coentreprise avec le fonds malaisien, puis à un haut fonctionnaire de Kuala Lumpur identifié dans la plainte sous l'appellation "responsable malaisien numéro un".

Les actifs figurant dans les plaintes sont aussi bien des appartements que des villas, des oeuvres d'art ou encore un jet privé.

Trois sources proches du dossier ont déclaré cette semaine que la banque centrale de Singapour enquêtait sur plusieurs banques, dont UBS et DBS Group Holdings, première banque de Singapour, pour déterminer si elles avaient enfreint la législation anti-blanchiment dans la gestion de transactions liées au fonds 1MDB.

La banque centrale de Singapour a ordonné en mai la fermeture de la filiale locale de la banque privée suisse BSI et les autorités helvétiques ont ouvert une enquête au pénal sur l'établissement et sur ses liens avec 1MDB.

(Nate Raymond, A. Ananthalakshmi et Joseph Sipalan, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)