La dette corporate française et allemande privilégiée par la BCE

lundi 18 juillet 2016 19h35
 

FRANCFORT, 18 juillet (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a racheté de la dette émise par des entreprises telles que BMW, Sanofi ou encore BASF , l'Allemagne et la France étant de fait les pays les plus représentés dans les premiers rachats de dette "corporate" effectués par elle.

La BCE a acheté pour 10 milliards d'euros de dette corporate depuis le 8 juin, montrent des données publiées lundi. Ces rachats s'inscrivent dans son programme dit d'assouplissement quantitatif (QE) qui se traduit par 80 milliards d'euros d'achats d'actifs mensuels, essentiellement de la dette souveraine.

Ce programme a pour but de relancer à la fois la croissance et l'inflation dans la zone euro.

La Bundesbank et la Banque de France, deux des six banques participant au programme, ont racheté entre elles des centaines d'emprunts d'Etat, alors qu'on ne les compte qu'en dizaines pour les banques centrales d'Italie et d'Espagne.

Les banques n'ont pas dit combien elles avaient racheté de chaque emprunt mais les longues listes publiées par les banques centrales allemande et française laissent penser qu'elles se sont taillées la part du lion.

Cela reflète la situation d'un marché obligataire pour l'essentiel concentré dans trois pays: la France, l'Allemagne et les Pays-Bas.

Ce genre d'opération risque d'apporter de l'eau au moulin de ceux qui reprochent à la BCE de financer à moindre coût des entreprises qui jouissent déjà sur le marché de conditions d'emprunt très généreuses.

Mais la BCE espère en fait que cet argent ainsi distribué finissent par se répandre sur les entreprises de petite taille de la zone euro, pour lesquelles se financer reste difficile, ont dit des sources à Reuters.

La Bundesbank a racheté du papier émis par BMW, Volkswagen et Daimler mais aussi par l'équipementier automobile familial Hella. Total, Danone et Sanofi ont été choisis par la Banque de France.

Les banques centrales nationales peuvent se fournir directement auprès des émetteurs ou s'approvisionner sur le marché secondaire. Les achats de cette dernière catégorie avaient représenté 96% du total en juin.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)