LEAD 1-Nucléaire-Une réunion entre Macron et les syndicats tourne court

lundi 18 juillet 2016 17h15
 

(Actualisé avec entourage du ministre)

PARIS, 18 juillet (Reuters) - Des représentants des syndicats CGT, FO, CGC et Unsa ont quitté lundi une réunion sur l'avenir de la filière nucléaire française programmée avec le ministre de l'Economie en invoquant notamment le risque d'un "passage en force" sur le projet Hinkley Point.

EDF a clos début juillet la consultation de son comité central d'entreprise sur ce projet controversé de construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR en Angleterre pour 18 milliards de livres (21,6 milliards d'euros environ), le groupe estimant être désormais arrivé au stade de la décision finale d'investissement.

Les syndicats CGT, FO et CFE-CGC ont pour leur part estimé ne pas être en mesure d'émettre un avis sur le projet, dont ils redoutent qu'il mette en péril l'équilibre financier de l'entreprise.

Dans une déclaration commune, la CGT, FO, la CGC et l'Unsa ont dénoncé lundi l'absence d'Areva, du CEA ou encore du ministère de l'Ecologie lors de la réunion avec Emmanuel Macron, à laquelle participait le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy.

"Nous ne pouvons pas croire qu'il ne s'agit que d'une réunion de façade pour avaliser des décisions déjà prises que nous ne partageons pas. Entre autres, nous réfutons par avance tout passage en force notamment sur Hinkley Point", ont-ils ajouté, en se disant toutefois "disposés à participer à une véritable réunion de travail".

Seule la CFDT a finalement assisté à la réunion.

Selon le ministère de l'Economie, le projet Hinkley Point devait être abordé, mais aussi la mise en ÷uvre de la refondation de la filière - avec le rachat de l'activité réacteurs d'Areva par EDF -, les conséquences pour EDF de la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) ou encore l'allongement de la durée de vie comptable du parc nucléaire français.

"Le ministre ne peut que regretter que la dialogue sur l'ensemble de ces sujets n'ait pas pu se nouer alors même que plusieurs réunions se sont déjà tenues avec ces organisations syndicales", a-t-on déclaré dans l'entourage d'Emmanuel Macron.

"Le dialogue aura vocation à se poursuivre à travers des réunions bilatérales avec les organisations syndicales qui le souhaitent", a-t-on ajouté de même source.

"Par ailleurs, les enjeux de la filière doivent continuer à pouvoir être pris en compte et discutés à ce niveau, (...) et une réunion d'un comité stratégique de la filière (CSF) pourra se tenir à la rentrée, au mois de septembre." (Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)