GB-Theresa May intronisée ce mercredi après le choc du Brexit

mercredi 13 juillet 2016 10h07
 

LONDRES, 13 juillet (Reuters) - Theresa May deviendra ce mercredi la nouvelle Première ministre britannique, succédant à David Cameron trois semaines à peine après le choc provoqué par la victoire des partisans de la sortie de l'Union européenne.

Elle sera la deuxième femme à occuper le 10, Downing Street après Margaret Thatcher.

Son prédécesseur, David Cameron, a annoncé dès le lendemain du référendum sur la participation de la Grande-Bretagne à l'UE qu'il abandonnerait sa fonction, ouvrant une guerre de succession-éclair à la tête du Parti conservateur.

Le processus de désignation, qui devait initialement se prolonger jusqu'en septembre s'est abruptement terminé lorsque la dernière adversaire de Theresa May, Andrea Leadsom, a abandonné la course.

Une fois qu'il aura répondu à sa dernière séance de question au Premier ministre à Westminster, David Cameron prendra la direction de Buckingham Palace où il remettra formellement sa démission à la reine Elizabeth.

Theresa May devrait de son côté prendre possession de sa nouvelle résidence avant la fin de la journée et s'atteler immédiatement à la composition de son gouvernement.

Cette tâche s'annonce délicate tant il lui faudra trouver le juste équilibre entre les différentes composantes de la majorité conservatrice et tenter de réunifier un parti qui a affiché de profondes lignes de fracture au cours de la campagne pour le référendum sur le "Brexit".

Sans s'impliquer outre-mesure, Theresa May a fait campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, mais elle a depuis prévenu qu'elle respecterait le verdict des urnes, martelant que "Le Brexit, cela veut dire Brexit".

En dépit des pressions venues de l'Union européenne où l'on souhaite que la question de la sortie de la Grande-Bretagne soit réglée au plus vite, Theresa May a fait savoir qu'elle ne se précipiterait pas pour invoquer l'article 50 du Traité de Lisbonne qui encadre le processus de sortie de l'UE.

Les observateurs de la vie politique britannique s'attendent à ce que la nouvelle dirigeante de l'exécutif désigne plusieurs femmes à des postes-clés et il n'est pas exclu que le ministre des Finances George Osborne perde son portefeuille.

Les questions au Premier ministre, traditionnellement remuantes, devraient être ce mercredi plus apaisées qu'à l'accoutumée pour la dernière participation de David Cameron. (Estelle Shirbon, Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Joanny)