Aéroport de Lyon-Les collectivités s'estiment lésées

mardi 12 juillet 2016 18h44
 

LYON, 12 juillet (Reuters) - Les représentants des collectivités locales ne décolèrent pas depuis qu'ils ont appris qu'ils ne seraient finalement pas consultés sur le choix des derniers candidats en lice pour l'achat de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry.

Elles ont appris par l'intermédiaire de l'Agence des participations de l'Etat (APE) que deux candidats avaient été retenus pour le sprint final, à savoir le Français Vinci-Airport, associé à la Caisse des dépôts (CDC) et à Predica, et l'Australien Macquarie associé à la famille Peugeot.

Une réunion des actionnaires minoritaires (Chambre de commerce et d'industrie, Métropole de Lyon, Région Auvergne-Rhône-Alpes et Conseil départemental du Rhône) était prévue mercredi pour faire le point sur les offres fermes des candidats à la reprise.

"Saint-Exupéry, deuxième aéroport en région, mais également les habitants et les entreprises de la région méritaient mieux de la part de l'Etat seul décisionnaire, qui, une fois encore, vu de Paris, veut imposer sa vision aux territoires", déplore mardi dans un communiqué le président (Les Républicains) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez.

Il annonce en conséquence qu'il ne participera pas mercredi "à cette dernière consultation, laissant la place aux acteurs de cette mascarade".

Même réaction du département du Rhône, dont le président LR, Christophe Guilloteau, qui dénonce « des changements de règle du jeu de dernière minute à la demande d'Emmanuel Macron » et annonce son souhait « de ne plus participer aux travaux de la commission d'attribution".

"Les conditions de transparence et d'égalité pour l'ensemble des candidats ne sont plus réunies", dit-il dans un communiqué.

Le président de la CCI, Emmanuel Imberton, a également prévenu Bercy qu'il ne participerait à la procédure d'attribution si la consultation des collectivités était effectivement court-circuitée.

Le président socialiste de la Métropole de Lyon, Gérard Collomb, proche d'Emmanuel Macron, a fait savoir que sa principale préoccupation était d'éviter la cession de l'aéroport lyonnais à un fonds de pension qui mettrait en péril l'avenir de l'infrastructure.

"Nous sommes dans le dernier tour d'offres avec un contrôle sur les prix (...), et tout cela sera mené à bien", a déclaré mardi le ministre de l'Economie lors des questions au gouvernement au Sénat. (Catherine Lagrange, édité par Sophie Louet)