12 juillet 2016 / 09:52 / il y a un an

La France livre aux USA leur première ferme éolienne off-shore

* Une réalisation de l‘usine GE de Montoir-de-Bretagne

* Cinq éoliennes au large de Rhode Island

* Un marché en pleine expansion

par Guillaume Frouin

MONTOIR-DE-BRETAGNE, Loire-Atlantique, 12 juillet (Reuters) - L ‘usine d‘assemblage General Electric (ex-Alstom) de Montoir-de-Bretagne livre cette semaine la première “ferme éolienne” des Etats-Unis, sa première réalisation du genre dont elle entend faire une vitrine du savoir-faire français.

Les cinq éoliennes du champ marin de Block Island, une petite île au large de Rhode Island, seront mises en service en décembre prochain et pourront produire de l‘électricité pour 17.000 foyers.

Conçues avec des pales danoises, des mâts espagnols et des turbines françaises, elles ont été assemblées pour le groupe Deepwater Wind, leader américain de l‘éolien offshore qui travaille déjà à d‘autres « fermes éoliennes » au large des Etats de New York et du Massachusetts.

Ce modèle d‘aérogénérateurs, baptisé « Haliade », n‘est toutefois pas inédit : l‘usine nazairienne en avait déjà installé un premier prototype au Carnet (Loire-Atlantique), à terre, puis un second au large d‘Osterild (Danemark).

Presque deux fois plus haut que la tour-horloge “Big Ben” de Londres, il balaye avec ses pales hors normes l‘équivalent de la surface de trois terrains de football.

L‘envergure de ce premier parc reste par ailleurs bien moindre que celui de Borkum (Allemagne), pour lequel GE va assembler soixante-six machines à partir du mois d‘août.

L‘industriel américain attend également le feu vert d‘EDF pour lancer la fabrication des 238 éoliennes des premiers champs français de Courseulles-sur-Mer (Calvados), Fécamp (Seine-Maritime) et Saint-Nazaire.

“Block Island est un petit projet, mais il est fondamental : notre client Deepwater Wind, qui a pris le risque d‘être la tête de pont du projet, a permis de lancer l‘usine”, souligne Pascal Girault, directeur du site GE de Montoir-de-Bretagne.

“L‘enjeu pour nous, c‘est désormais d‘assembler quatre à cinq machines comme celles-ci tous les mois”, précise-t-il.

UN MARCHÉ PROMETTEUR

Bien que balbutiant, le marché américain est “extrêmement intéressant et prometteur”, ajoute David Benveniste, responsable des ventes chez GE pour les Etats-Unis et l‘Asie. Vingt-et-un projets y sont actuellement en cours de développement, à des stades plus ou moins avancés.

Les premières éoliennes américaines devraient ainsi produire 3,3 gigawatts (GW) d‘électricité d‘ici 2020, alors que le gouvernement fédéral s‘est fixé un objectif de 80 GW d‘ici 2050.

Le potentiel d‘éolien off-shore du pays serait quant à lui de 4.000 GW, selon des données des autorités fédérales reprises par GE.

Dans l‘immédiat, l‘Europe reste un marché bien plus important pour la filière des éoliennes en mer : 25 GW devraient être mis en service d‘ici 2020, dont plus de la moitié au large des côtes du Royaume-Uni.

La France, pour sa part, s‘était fixé en 2009 un objectif de 6 GW d‘éolien off-shore d‘ici 2020. Le gouvernement a lancé en ce sens un troisième appel d‘offres, auquel General Electric participe aux côtés d‘EDF.

GE emploie actuellement 130 personnes dans son usine d‘assemblage de Montoir-de-Bretagne, inaugurée en novembre 2014 au pied du pont de Saint-Nazaire.

L‘industriel -- qui emploie également 174 salariés dans son centre d‘ingénierie de Nantes -- entend au final créer “1.000 emplois directs et 4.000 indirects” en France avec l‘éolien off-shore. (Edité par Sophie Louet)

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