SALON-Brexit-Pas d'impact à court terme sur la défense-Dassault/Thales

lundi 11 juillet 2016 17h53
 

FARNBOROUGH, Grande-Bretagne, 11 juillet (Reuters) - Le Brexit ne devrait pas modifier les relations franco-britanniques dans la défense à court terme, ont déclaré lundi à Reuters les PDG de Dassault Aviation et Thales, deux groupes qui coopèrent étroitement avec le Royaume-Uni.

"Les accords bilatéraux continuent, nos coopérations continuent", a résumé Patrice Caine, PDG de l'équipementier Thales lors du salon aéronautique qui se tient à Farnborough, près de Londres, jusqu'à dimanche.

Le Royaume-Uni, toutes activités confondues, est le deuxième marché de Thales après la France, avec 10% de son chiffre d'affaires et 2,226 milliards d'euros de prises de commandes en 2015.

"Pour l'instant, on ne voit pas de conséquences à court terme", a ajouté Patrice Caine au sujet de l'activité de Thales au Royaume-Uni.

Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, premier actionnaire industriel de Thales, a souligné, lui, que le traité de Lancaster House, signé en 2010 par la France et le Royaume-Uni, assurait la continuité de la coopération entre les deux principales puissances militaires en Europe.

"Nous ne savons pas encore quelles vont être les nouvelles relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", a-t-il expliqué. "Cela va prendre des mois, peut-être même des années, pour savoir vraiment quel sera ce nouvel équilibre".

Dassault Aviation coopère avec le britannique BAE Systems dans les drones.

Le chef des approvisionnements en armements du Pentagone a estimé de son côté que le Brexit ne changerait fondamentalement ni les liens du Royaume-Uni avec l'armée américaine, ni les contrats commerciaux militaires.

Le sous-secrétaire à la Défense américaine Frank Kendall a cependant dit espérer que le référendum du 23 juin n'aurait pas d'impact sur les besoins en équipements militaires du Royaume-Uni, destiné à rester un partenaire-clé de l'Otan.

Les groupes américains d'armement, dont la plupart ont des bureaux à Londres, surveillent de près le déroulement du Brexit, certains d'entre eux envisageant de s'installer ailleurs en Europe. (Cyril Altmeyer, avec Andrea Shalal, édité par Jean-Michel Bélot)