La facture du Brexit pourrait atteindre $7,5mds pour les banques

lundi 11 juillet 2016 16h50
 

LONDRES, 11 juillet (IFR) - Les grandes banques d'investissement américaines et européennes pourraient devoir subir des coûts supplémentaires d'un montant cumulé de 1,5 milliard de dollars par an si elles sont contraintes de quitter Londres en raison de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, estiment les analystes de JP Morgan.

Pour les huit établissements étudiés dans cette note publiée lundi, ces coûts représenteraient en moyenne 2% de leurs dépenses annuelles. Comme ils s'étaleraient sur environ cinq ans, leur montant cumulé s'élèverait au final à 7,5 milliards de dollars (6,79 milliards d'euros) sur l'ensemble de la période.

Pour Kian Abouhossein, analyste chez JP Morgan, les coûts seraient d'autant plus élevés en cas de scénario extrême, qui verrait la Grande-Bretagne ne pas parvenir à négocier avec l'UE des conditions quasiment équivalentes au "passeport" européen, qui permet aux banques d'exercer dans l'ensemble de l'Union européenne. Dans un tel cas, les banques seraient contraintes de déménager des activités de Londres vers d'autres villes européennes et d'entreprendre des restructurations.

"Dans le scénario extrême, nous pensons que les banques d'investissement pourraient devoir créer des entités juridiques, déplacer du personnel et obtenir des autorisations d'exercer et des permis immobiliers en Europe, ce qui résultera probablement en des augmentations significatives de coûts durant la période de transition", dit Kian Abouhossein.

Le rendement des fonds propres de ces banques serait alors abaissé à 6% en 2018, contre une prévision actuelle déjà basse à 6,5%, ce qui serait nettement inférieur à leur coût moyen du capital, qui grimperait à 14% en 2018, estime-t-il.

Les huit banques d'investissement étudiées sont les européennes UBS, Credit Suisse, Deutsche Bank , Société Générale, BNP Paribas et Barclays et les américaines Goldman Sachs et Morgan Stanley. (Steve Slater; Bertrand Boucey pour le service français)