LEAD 1-Sapin plaide en faveur du Portugal menacé de sanctions par la CE

lundi 11 juillet 2016 10h17
 

(actualisé avec déclarations sur l'Espagne)

PARIS, 11 juillet (Reuters) - Michel Sapin s'est déclaré lundi opposé à ce que le Portugal fasse l'objet de sanctions trop importantes de la part de la Commission européenne, qui a ouvert la semaine dernière une procédure pour déficit excessif contre Lisbonne.

"Le Portugal ne mérite pas qu'on lui applique une discipline exagérée" même si "la situation est objectivement non conforme aux engagements", a dit le ministre des Finances lors d'un point presse organisé à Paris avant son départ pour des réunions de l'Eurogroupe et de l'Ecofin à Bruxelles.

"Certes la Commission est dans son droit et peut-être même dans son devoir lorsqu'elle souligne que le Portugal n'a pas respecté ses engagements mais le Portugal a fait énormément d'efforts" ces dernières années, a-t-il ajouté.

"Il n'est pas question de reprocher au Portugal de ne pas avoir fait les efforts nécessaires" pour tenir ses engagements budgétaires, a-t-il indiqué en précisant que la situation du Portugal était principalement liée au fait que l'Etat était venu en aide au secteur bancaire.

La Commission européenne a ouvert la semaine dernière une procédure pour déficit excessif contre l'Espagne et le Portugal, qui risquent de se voir infliger des amendes avant la fin du mois de juillet.

Le Portugal était censé ramener son déficit à 2,5% de son PIB en 2015 au lieu des 4,4% constatés. L'Espagne a elle affiché l'an dernier un déficit de 5,1% du PIB alors que la Commission le réclamait à 4,2%.

"Sur l'Espagne, la difficulté (...) c'est de savoir avec qui nous discutons et donc qui prend les engagements", a souligné Michel Sapin, dans une allusion au blocage politique en Espagne, privée de gouvernement depuis les législatives de décembre.

"De toute façon, pour l'Espagne comme pour le Portugal, la Commission va proposer (...) la mise en oeuvre de dispositions qui mènent entre guillemets aux sanctions mais on n'est pas obligé de le faire de manière inintelligente, bête et méchante", a-t-il dit. (Myriam Rivet et Michel Rose, édité par Marine Pennetier)