La Suisse ne protège pas assez ses banques, dit le patron d'UBS

dimanche 10 juillet 2016 18h45
 

GENEVE, 10 juillet (Reuters) - Les responsables politiques suisses ne protègent pas suffisamment les banques du pays des demandes de renseignement en provenance des gouvernements étrangers, déclare le directeur général d'UBS dans une interview publiée dimanche par le journal SonntagsZeitung.

De nombreux pays à travers le monde s'efforcent d'intensifier la lutte contre l'évasion fiscale, avec des enquêtes ouvertes notamment en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, et, selon Sergio Ermotti, les tentatives de la Suisse de négocier avec d'autres gouvernements n'ont pas permis de fournir aux banques suisses une sécurité juridique ni de tourner la page sur des faits appartenant au passé.

"C'est inacceptable et cela ouvre la porte à une nouvelle offensive contre les banques suisses", dit-il, cité par SonntagsZeitung.

Le patron d'UBS considère que les autorités suisses se sont montrées trop disposées à transmettre des informations relatives aux clients des banques suisses et qu'il est probablement trop tard pour tenter d'obtenir de meilleurs accords après des années de négociations.

La Suisse a décidé de participer à l'échange automatique de renseignements, qu'elle appliquera à partir du 1er janvier 2017. Cette collaboration entre les administrations fiscales des pays signataires doit permettre de lutter contre l'évasion fiscale.

UBS a annoncé mardi avoir reçu une demande d'informations de la part de l'administration fiscale suisse, elle-même saisie d'une demande d'aide administrative de la part de la France au sujet d'un certain nombre de comptes relatifs à des clients actuels ou passés domiciliés en France, sur la base de données datant de 2006 et 2008.

Le Parquet national financier français a requis le 24 juin le renvoi en correctionnelle d'UBS pour démarchage illicite et blanchiment aggravé de fraude fiscale, a-t-on appris le 27 juin de source judiciaire.

Aux Etats-Unis, UBS a accepté en 2009 de payer une amende de 780 millions de dollars (706 millions d'euros) et de fournir les noms de plus de 4.000 clients pour éviter des poursuites. (Tom Miles; Bertrand Boucey pour le service français)