Shell avertit que le Brexit pourrait freiner ses cessions

vendredi 8 juillet 2016 15h08
 

LONDRES, 8 juillet (Reuters) - Le directeur général de Royal Dutch Shell, Ben van Beurden, a déclaré à des investisseurs que le choix de la Grande-Bretagne de sortir de l'Union européenne pourrait ralentir la mise en oeuvre du plan de cessions d'actifs de 30 milliards de dollars (27,2 milliards d'euros) lancé par la compagnie, notamment en mer du Nord.

Le groupe anglo-néerlandais prévoyait initialement de boucler d'ici 2018 environ ces cessions, qui portent sur des dizaines d'actifs dans le monde entier. Le plan vise à financer une partie du rachat de BG, une opération de 54 milliards de dollars menée à bien en février.

Le directeur financier de Shell, Simon Henry, avait déclaré auparavant que le programme de cessions pourrait prendre plus de temps que prévu au départ. Mais mercredi, Ben van Beurden a déclaré que l'incertitude dans laquelle évoluaient les marchés mondiaux depuis le résultat du référendum britannique sur l'Union européenne constituerait un obstacle pour les cessions, selon les propos rapportés par deux investisseurs qui ont assisté à son intervention lors d'un événement en marge du tournoi de tennis de Wimbledon.

"Ben a dit qu'après le Brexit, il pourrait falloir plus de trois ans pour achever les cessions", a dit à Reuters une source qui a requis l'anonymat car l'événement, organisé par Shell, n'était pas ouvert au public.

Ben van Beurden a ajouté que le Brexit "allait rendre plus difficile la mise en oeuvre des cessions", notamment en mer du Nord, selon une deuxième source qui a parlé avec lui.

Un porte-parole de Shell a déclaré qu'il n'y avait eu "aucune modification par rapport aux déclarations antérieures" du groupe sur les cessions

Selon trois sources bancaires, Shell a mandaté Bank of America Merrill Lynch afin de trouver des acquéreurs pour plusieurs actifs importants en mer du Nord, dont sa participation dans le gisement Buzzard, en espérant que ces cessions pourraient lui rapporter au moins deux milliards de dollars.

BAML s'est refusé à tout commentaire.

(Ron Bousso et Freya Berry; Marc Angrand pour le service français)