Monte Paschi discute des créances douteuses avec les autorités

jeudi 7 juillet 2016 22h47
 

SIENNE/MILAN, 7 juillet (Reuters) - Banca Monte dei Paschi di Siena a annoncé jeudi coopérer avec ses autorités de tutelle afin de résoudre une fois pour toutes le problème de créances douteuses qui empêche son redressement.

"Nous travaillons dur à la recherche rapide d'une solution structurelle et définitive pour nos prêts non-performants", a déclaré l'administrateur délégué, Fabrizio Viola.

La troisième banque italienne, handicapée par 47 milliards d'euros de créances douteuses, est l'une des plus exposées du secteur. La Banque centrale européenne (BCE) lui a demandé il y a quelques jours de réduire de 40% en deux ans et demi l'encours des prêts à risque, ce qui, selon nombre d'analystes, pourrait la contraindre à faire appel au marché ou à une aide de l'Etat.

Monte Paschi, plus vieille banque du monde encore en activité, a déjà levé 15 milliards d'euros sur les marchés depuis 2008 et plusieurs sources bancaires ont déclaré qu'elle ne réussirait que partiellement les tests de résistance de la BCE, dont les résultats sont attendus à la fin du mois.

Lors d'un conseil d'administration jeudi, le groupe a reconnu que la BCE lui avait demandé de réduire son portefeuille de créances douteuses, sans plus de précision.

"Nous attendons désormais de recevoir la version définitive de la lettre de la BCE", a simplement dit Fabrizio Viola.

Les analystes estiment que les demandes de la BCE pourraient obliger Monte Paschi à inscrire dans ses comptes des dépréciations de l'ordre d'environ quatre milliards d'euros, ce qui créerait un besoin urgent de capitaux frais.

Jeudi matin, la banque a démenti des informations de presse selon lesquelles le conseil d'administration allait annoncer une augmentation de capital de deux à trois milliards. Son dernier appel au marché, pour trois milliards, remonte à l'an dernier.

Parallèlement aux discussions menées par la direction du groupe, le gouvernement italien envisage différentes options pour lui venir en aide, y compris celles d'une injection de capitaux publics ou d'un renforcement du fonds de soutien au secteur bancaire Atlante.   Suite...