7 juillet 2016 / 18:22 / il y a un an

LEAD 1-Constancio (BCE) évoque un "petit" soutien public aux banques

(Actualisé avec précisions et contexte)

MADRID, 7 juillet (Reuters) - Les difficultés rencontrées récemment par certaines banques européennes pourraient justifier un "petit" soutien public, a déclaré jeudi le vice-président de la Banque centrale européenne, Vitor Constancio.

Une interprétation stricte des règles interdisant les aides d'Etat a empêché jusqu'à présent les banques de réduire leurs actifs à risque, les obligeant à conserver dans leur bilan un stock important de créances douteuses, mais le temps est peut-être venu de revoir cette approche, a-t-il dit lors d'une conférence à Madrid.

Les valeurs bancaires européennes ont fortement baissé ces dernières semaines, les investisseurs s'inquiétant notamment pour les établissements portugais et italiens. Cette chute, qui menace les banques d'une augmentation de leurs coûts de financement, a alimenté les craintes d'un assèchement du crédit.

Les autorités italiennes ont d'ailleurs engagé des discussions avec la Commission européenne sur un plan de recapitalisation publique des banques de la péninsule.

"La situation actuelle, avec un nouveau cycle de baisse des cours boursiers après le Brexit, mérite une profonde réflexion sur les moyens de compenser certaines insuffisances sur le marché avec un petit soutien public pour améliorer sensiblement la stabilité de certains secteurs bancaires", a dit Vitor Constancio.

"Sans cette approche, la seule solution à la disposition des autorités de supervision sera d'imposer des délais pour la dépréciation (des créances douteuses) qui, de manière réaliste, nécessiteront ensuite plusieurs années pour atteindre des niveaux raisonnables", a-t-il ajouté.

LE "BAIL-IN", PRÉALABLE AU SOUTIEN PUBLIC

Il a toutefois souligné qu'un éventuel soutien public ne pourrait intervenir qu'une fois que les actionnaires et les créanciers obligataires des banques auraient été mis à contribution à hauteur de 8% du bilan, comme le prévoient le dispositif de "bail-in", ou renflouement interne, défini par les nouvelles règles européennes en matière de résolution bancaire.

La BCE estime que 7,1% des encours de prêts des banques de la zone euro étaient non-performants fin 2015, un ratio près de cinq fois supérieur à celui enregistré aux Etats-Unis. L'Italie et la Grèce figurent parmi les plus mauvais élèves de la région.

Vitor Constancio a ajouté que le secteur bancaire européen était voué à poursuivre sa cure d'amaigrissement en raison des surcapacités dont il souffre, et il a estimé que des fusions seraient la meilleure manière de progresser de ce point de vue, même s'il est peu probable que la vague de concentration qu'il a connue sur la période 2005-2007 se reproduise.

Une autre solution serait le démantèlement ordonné de certaines banques, qui pourrait passer par la vente de certaines activités, a-t-il ajouté.

"Une résolution ordonnée n'entraînerait ainsi pas l'effondrement pur et simple d'une banque, qui pourrait être destructeur de valeur et compromettre la stabilité financière, mais elle permettrait la consolidation du secteur bancaire en préservant sa valeur", a-t-il expliqué.

Il a également jugé que même dans l'hypothèse d'un soutien public, les banques avaient besoin de nouvelles règles en matière de garanties et d'un marché secondaire des actifs à risque.

Jesus Aguado, Angus Berwick et Balazs Koranyi; Bertrand Boucey et Marc Angrand pour le service français

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