La Fed veut en savoir plus sur l'impact du "Brexit"-minutes

mercredi 6 juillet 2016 20h45
 

WASHINGTON, 6 juillet (Reuters) - Les responsables de la Réserve fédérale américaine ont décidé en juin de ne pas relever les taux tant qu'ils n'auraient pas une vision plus claire des conséquences du référendum britannique sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne (UE), montre le compte-rendu de sa dernière réunion publié mercredi.

Cette opinion, exprimée lors de la réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) les 14 et 15 juin, avant le résultat du vote britannique en faveur d'une sortie de l'UE, reflète le malaise généralisé des responsables monétaires face au Brexit.

"Les membres ont généralement convenu qu'avant de faire un nouveau pas vers une normalisation monétaire, il était prudent d'attendre de nouvelles données sur les conséquences du vote britannique", selon les "minutes" de la réunion.

Les responsables de la Fed ont également évoqué le sérieux ralentissement des embauches par les entreprises américaines pour justifier de ne pas toucher aux taux le mois dernier.

Avant le référendum britannique, la Fed avait signalé que deux hausses de taux devraient être nécessaires pour prévenir une surchauffe de l'économie américaine. Mais depuis, les responsables de la Fed ont souligné que l'incertitude déclenchée par ce vote justifiait une position de prudence.

Selon les anticipations de marché, la probabilité que la Fed décide d'une deuxième hausse des taux cette année - après celle du mois de décembre 2015 - est très faible.

La présidente de la Fed, Janet Yellen, ne s'est pas exprimée depuis le référendum. Elle avait déclaré deux jours avant, alors que les marchés tablaient largement sur un maintien du Royaume-Uni dans l'UE, que les risques à l'international et le ralentissement du marché de l'emploi aux Etats-Unis justifiaient déjà une approche prudente du relèvement des taux.

A sa réunion de juin, la Fed a laissé sa politique monétaire inchangée, conformément aux attentes, mais elle a précisé qu'elle continuait de prévoir deux hausses de taux cette année, expliquant s'attendre à une amélioration du marché du travail après le ralentissement observé récemment. (Jason Lange et Lindsay Dunsmuir, Juliette Rouillon pour le service français)