LEAD 1-La Fed peut se permettre d'être patiente sur les taux-Dudley

mercredi 6 juillet 2016 00h03
 

(Actualisé avec Williams)

BINGHAMTON, New York, 5 juillet (Reuters) - La Réserve fédérale américaine peut être patiente en matière de relèvement des taux d'intérêt en raison de la faiblesse de l'inflation et des incertitudes qui pèsent sur les perspectives économiques aux Etats-Unis, parmi lesquelles figurent le vote britannique pour la sortie de l'Union européenne, a déclaré mardi William Dudley, le président de la Fed de New York.

"Si on exclut l'énergie, l'inflation est encore un peu inférieure à ce que nous voudrions, (...) ce qui nous permet d'être patients du point de vue du maintien d'une politique monétaire accommodante", a-t-il dit lors d'un débat sur la situation économique.

"Si l'inflation était plus élevée (...) nous pourrions probablement être un peu plus offensifs en matière de politique monétaire."

"Au vu des incertitudes sur les perspectives et de l'inflation plus faible que souhaité, nous pouvons être un peu plus patients", a ajouté William Dudley, expliquant que le vote britannique sur le "Brexit" figurait parmi les "nuages à l'horizon" de l'économie américaine.

De son côté, John Williams, le président de la Fed de San Francisco, a estimé que le vote britannique ne représentait qu'un risque limité et qu'il ne devrait pas empêcher la banque centrale de relever ses taux d'ici la fin de l'année.

Dans des entretiens à MarketWatch et Bloomberg News, il a expliqué que l'impact du scrutin du 23 juin sur les marchés financiers américains avait été globalement conforme aux attentes et qu'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne n'aurait sans doute pas sur l'économie américaine un impact comparable à celui de la crise de la dette en zone euro en 2011-2012 ni même à celui du ralentissement chinois l'an dernier.

Si le taux de chômage aux Etats-Unis revient à 4,5% d'ici la fin de l'année et si l'inflation poursuit sa remontée vers 2%, soit l'objectif de la Fed, cette dernière devrait relever les taux, a précisé John Williams.

(Jonathan Spicer; Marc Angrand pour le service français)