Le spectre du Brexit hante l'économie britannique

mardi 5 juillet 2016 15h36
 

par Kylie MacLellan et William James

LONDRES, 5 juillet (Reuters) - Les craintes des retombées économiques du "Brexit" ont mis à mal mardi le marché de l'immobilier en Grande-Bretagne et entraîné la livre sterling à un nouveau plus bas de 31 ans, au moment où les députés conservateurs des Communes entamaient le processus de sélection du futur Premier ministre.

La ministre de l'Intérieur Theresa May et Andrea Leadsom, secrétaire d'Etat à l'Energie, font figure de favorites pour succéder à David Cameron, qui a annoncé après le référendum du 23 juin son intention de quitter ses fonctions.

Le processus de sélection du chef du gouvernement doit s'échelonner jusqu'au début septembre, mais les signes d'un impact négatif du "Brexit" sur le commerce, l'investissement et la confiance des entreprises commencent à voir le jour.

Aviva Investors a annoncé mardi avoir suspendu la cotation de son fonds de biens immobiliers britanniques du fait de "circonstances extraordinaires sur les marchés". La veille, Standard Life avait pris une mesure analogue à la suite d'une ruée des investisseurs pour racheter leurs parts.

La livre, dont le cours illustre pleinement les craintes des marchés, est tombée mardi sous les 1,31 dollar pour la première fois depuis 1985, et s'échange désormais face au billet vert à 12% en dessous de son niveau d'avant le référendum. La devise britannique cédait du terrain également, mardi, face à l'euro.

"Certains éléments montrent que des risques ont commencé de se cristalliser", a estimé la Banque d'Angleterre (BoE), en annonçant mardi des mesures visant à encourager les banques à continuer à prêter.

La BoE a ainsi décidé de renoncer à son initiative de mars de durcir les conditions de constitution des fonds propres imposées aux banques pour se protéger des retournements de cycle, libérant ainsi jusqu'à 150 milliards de livres (177 milliards d'euros) pour le crédit.

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