Des aides d'Etat aux banques peuvent se justifier-Angeloni (BCE)

lundi 4 juillet 2016 20h52
 

FRANCFORT, 4 juillet (Reuters) - Des aides d'Etat à des banques de la zone peuvent se justifier si elles sont bien encadrées, a déclaré lundi Ignazio Angeloni, membre du conseil de surveillance prudentielle de la Banque centrale européenne (BCE), ajoutant qu'un soutien soumis à la régulation constituait l'un des piliers d'un système bancaire équilibré.

Les aides d'Etat doivent être utilisées avec parcimonie mais d'autres juridictions, y compris les Etats-Unis, autorisent ce type d'intervention, a-t-il expliqué lors d'une conférence à Barcelone, en rappelant que les règles européennes permettaient aux Etats d'intervenir dans le but d'assurer la stabilité financière.

Les déclarations d'Ignazio Angeloni interviennent alors que le gouvernement italien négocie avec les autorités européennes sur un projet de recapitalisation publique de certaines banques dans le but de limiter les pertes subies par les investisseurs et de renforcer le système bancaire de la troisième économie de la zone euro, handicapé par le poids des créances douteuses.

"Donner un rôle au secteur publie se justifie pour des raisons fondamentales", a dit Ignazio Angeloni.

"En fait, la législation européenne existante, y compris la Directive concernant le redressement et la résolution des banques et la communication de la Commission de 2013, prévoit des mécanismes de sauvegarde assurant un équilibre entre l'apport d'aides d'Etat et l'implication des créanciers privés, dans l'intérêt de la stabilité financière."

"Cette notion a selon moi a été quelque peu perdue de vue lors de certains débats récents", a-t-il ajouté.

Banca Monte dei Paschi di Siena, la troisième banque d'Italie, a vu son cours de Bourse chuter de près de 14% lundi après l'annonce de l'envoi par la BCE à la direction du groupe d'une lettre lui demandant de réduire de 40% en trois ans son portefeuille de créances douteuses.

Le cas de Monte Paschi ne fait qu'illustrer la nécessité d'un compromis rapide entre Rome et Bruxelles sur ce dossier.

La banque toscane est considérée comme le maillon faible du secteur financier italien et les nouvelles exigences de la BCE pourraient la contraindre à lever de nouveaux des capitaux frais, un motif de préoccupation pour le gouvernement de Matteo Renzi car le capital du groupe est détenu en grande partie par des investisseurs individuels.

Ignazio Angeloni a reconnu qu'une intervention des pouvoirs publics était susceptible de créer des distorsions de concurrence mais il a expliqué que l'évolution de la réglementation, de la supervision et des autorités de tutelle du secteur avait permis de limiter ce risque.

(Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français)