Le chinois Midea semble assuré de contrôler l'allemand Kuka

lundi 4 juillet 2016 15h05
 

FRANCFORT, 4 juillet (Reuters) - Le groupe chinois Midea semblait lundi pratiquement assuré de détenir au moins 52,8% du capital du spécialiste allemand des robots industriels Kuka, deux des principaux actionnaires de ce dernier ayant apporté leurs titres à son offre d'achat.

Midea a mis 4,5 milliards d'euros sur la table en mai pour racheter Kuka, lançant la plus importante tentative d'acquisition d'une entreprise allemande de hautes technologies par un investisseur chinois.

Le projet a suscité des protestations chez certains responsables politiques allemands préoccupés par la perspective de voir un savoir-faire jugé stratégique passer dans des mains étrangères.

Pour parer aux critiques, Midea et Kuka ont conclu le mois dernier un accord incluant un engagement du groupe chinois à maintenir le siège de Kuka et ses usines sur le sol allemand ainsi que des garanties concernant l'emploi.

L'offre d'achat de Midea, à 115 euros par action, lui avait déjà permis de réunir 17,71% de sa cible avant la fin de la semaine dernière, selon des documents financiers rendus publics par la société. L'offre court jusqu'au 15 juillet.

Lundi, l'homme d'affaires allemand Friedhelm Loh a confirmé avoir vendu sa participation de 10% dans Kuka à Midea.

"Après le soutien apporté à l'offre par le directoire et le conseil de surveillance ainsi que par les représentants du personnel, rester au conseil en tant qu'actionnaire minoritaire n'avait pas de sens. Je souhaite à Kuka et à ses collaborateurs une collaboration fructueuse avec la direction de Midea", a déclaré Friedhelm Loh dans un communiqué adressé à Reuters.

Il a ajouté avoir vendu ses titres vendredi, en précisant ne pas avoir coordonné sa décision avec celle du groupe de construction mécanique Voith, qui a apporté sa propre participation de 25,1% dans Kuka la semaine dernière.

Dimanche, Voith avait précisé qu'il recevrait environ 1,2 milliard d'euros pour ses titres. (Edward Taylor et Irene Preisinger; Marc Angrand pour le service français)