Déficits-La CE accorderait un nouveau délai à Madrid et Lisbonne

dimanche 3 juillet 2016 16h20
 

BRUXELLES, 3 juillet (Reuters) - La Commission européenne accordera mardi trois semaines supplémentaires à l'Espagne et au Portugal pour annoncer des mesures de réduction de leurs déficits et éviter des sanctions, a-t-on appris auprès d'une source au fait des délibérations au sein de l'exécutif bruxellois.

Cette décision représente un compromis entre les tenants d'une stricte orthodoxie budgétaire, emmenés par l'Allemagne, et les partisans d'une plus grande souplesse face à une croissance atone, un taux de chômage élevé et la montée en puissance des partis europhobes.

Le président du Conseil italien Matteo Renzi a ouvertement appelé ces derniers jours la Commission à ne pas infliger d'amende à Madrid ou Lisbonne, tandis que le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a au contraire réclamé l'application à la lettre des règles budgétaires européennes.

Lors d'une réunion mardi à Strasbourg, la Commission reprochera à l'Espagne et au Portugal de ne pas avoir pris des mesures efficaces pour corriger des déficits excessifs au regard des normes européennes mais ne proposera pas de sanctions, a déclaré la source européenne.

La CE donnera aux deux pays jusqu'au 27 juillet pour proposer des remèdes efficaces afin d'échapper aux sanctions financières prévues par les textes européens, même si celles-ci n'ont jamais été appliquées.

La Commission a décidé en mai dernier de donner à l'Espagne et au Portugal un an de plus pour réduire leurs déficits, mais sous la pression des tenants de l'orthodoxie, a ajouté qu'elle se réunirait début juillet pour savoir s'il fallait sanctionner les précédents dépassements.

En 2015, l'Espagne a affiché un déficit de 5,1% du produit intérieur brut, contre un objectif de 4,2% négocié avec ses partenaires de l'UE pour revenir progressivement sous la limite des 3% fixés par les normes européennes.

Le Portugal a enregistré un déficit de 4,4% du PIB, alors qu'il s'était engagé à passer sous la barre des 3%. (Rédaction de Bruxelles; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)