Le PDG de Total se "pose la question" d'investir en France

samedi 2 juillet 2016 17h21
 

AIX-EN-PROVENCE, Bouches-du-Rhône, 2 juillet (Reuters) - Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, se "pose la question" d'investir en France après un mois de grèves dans les raffineries et la pétrochimie organisées par la CGT et FO pour protester contre la réforme du Code du travail.

"Quand vous voyez que tout d'un coup, tous les efforts qu'on fait pendant trois ans sont mis à bas, et qu'il y a une sorte de pacte qui est cassé, eh bien vous êtes obligé de vous poser des questions", a-t-il déclaré samedi lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.

Il a pris l'exemple d'investissements prévus par Total dans les plastiques de performance, soit en France, soit en Belgique.

"On avait décidé avant le mouvement de les faire en France, on remet tout sur la table. Parce que les clients, eux, ils n'acceptent pas que je leur dise 'j'ai force majeure à cause d'une grève en France et donc vous serez coupés'", a-t-il dit.

Total avait déjà annoncé qu'il pourrait revoir ses projets dans le secteur du raffinage et de la pétrochimie en France en raison du mouvement de grève dans les raffineries, qui ont mis à l'arrêt de nombreux outils de production.

Selon une source industrielle, la perte a atteint pour Total entre 40 millions et 45 millions dollars par semaine (35,8 à 40,3 millions d'euros) en raison de la fermeture à certains moments de tout ou partie de ses cinq raffineries françaises.

La CGT et FO avaient entamé leur mouvement le 20 mai et il a duré, sous des formes diverses, environ un mois.

Total a investi près de deux milliards d'euros depuis 2012 pour sauver ses raffineries et usines pétrochimiques en France, qui perdaient 500 millions d'euros en 2013 et 200 millions en 2014, fait-on valoir de source proche de la direction du groupe, selon laquelle ces sites sont aujourd'hui devenus rentables. (Michel Rose, édité par Yves Clarisse)