L'Allemagne maintient sa politique budgétaire malgré le Brexit

vendredi 1 juillet 2016 20h22
 

BERLIN, 1er juillet (Reuters) - L'Allemagne entend afficher une image de "fiabilité et de continuité" en maintenant son objectif d'un budget équilibré sur les quatre prochaines années en dépit du choc provoqué par le vote des Britanniques le 23 juin pour la sortie de leur pays de l'Union européenne, a-t-on appris vendredi de plusieurs sources gouvernementales.

Berlin prévoit de ramener la dette publique allemande à moins de 60% du produit intérieur brut (PIB) en 2020, ce qui lui permettrait de respecter tous les critères fixés par le Pacte de stabilité et de croissance européen, alors que la dette dépasse le seuil des 60% depuis 2002.

Le gouvernement devrait approuver mercredi prochain les modalités définitives du projet de budget 2017 et les grandes orientations en matière de finances publiques à l'horizon 2020.

"En cette période d'incertitude dans de nombreux domaines, après la décision en Grande-Bretagne, le budget que nous allons présenter au gouvernement la semaine prochaine se caractérise par la fiabilité et la continuité", a dit une source.

Le gouvernement allemand a fait l'objet de critiques, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, pour sa politique privilégiant l'équilibre budgétaire sur l'investissement qui permettrait de tirer la croissance allemande et européenne.

Des responsables à Berlin ont indiqué que la volonté de ne pas augmenter la dette nette d'ici 2020 n'obligerait pas le pays à respecter une discipline budgétaire de fer. L'an prochain, Berlin a l'intention de porter ses dépenses d'investissement à 33,3 milliards d'euros, contre 31,5 milliards cette année.

"Ce n'est pas un objectif fétichiste", a dit la même source concernant le projet de budget équilibré. "Il s'agit d'envoyer un signal, après des années d'émissions de dette, que la vie sans dette est possible (...)"

"Cela a également un impact sur le plan intérieur. C'est un facteur stabilisant pour la situation politique intérieure - pas de nouveaux impôts, pas de nouvelles dettes", a dit source. "L'engagement porte sur une durée de quatre ans. Je trouve que c'est important, en ce moment, que les promesses soient tenues."

Le ministère des Finances prévoit 349,3 milliards d'euros de dépenses et de revenus en 2020, contre 316,9 milliards d'euros cette année. (Paul Carrel; Marc Angrand et Juliette Rouillon pour le service français)