Brexit-Coeuré appelle à dissiper l'incertitude pour limiter le coût

vendredi 1 juillet 2016 12h46
 

PARIS, 1er juillet (Reuters) - Le Royaume-Uni sera le premier à subir le coût économique d'une incertitude prolongée quant à sa relation avec l'Union européenne mais cette dernière serait aussi touchée, déclare Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne.

Dans un entretien publié vendredi dans le journal Le Monde, il estime que le référendum britannique n'a pas entraîné de "dislocation des marchés financiers" et ajoute que "les banques centrales (...) se tiennent prêtes à intervenir si la stabilité financière était menacée, par exemple en fournissant les liquidités nécessaires en euros comme en devises".

Une semaine après le vote britannique, "l'urgence aujourd'hui est de clarifier le calendrier et la méthode, car une incertitude prolongée aurait un coût économique d'abord pour le Royaume-Uni, mais aussi pour l'Union européenne", dit-il.

Selon lui, "la reprise de l'activité de la zone euro est bien là. Elle est saine, car elle est tirée par la demande intérieure et l'investissement" mais "elle pâtira inévitablement du 'choc d'incertitude' que crée le référendum britannique".

Benoît Coeuré ajoute qu'il ne conçoit pas l'avenir de l'union monétaire sans une union bancaire plus complète et des éléments d'union budgétaire mais plaide pour des initiatives concrètes dans un premier temps.

"C'est une fois la confiance revenue qu'il sera temps d'aller plus loin dans l'intégration", souligne-t-il cependant.

Une Europe intergouvernementale, où les décisions budgétaires et financières seraient prises par les seuls gouvernements, condamnerait l'euro à être durablement fragile, ajoute-t-il. (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)