30 juin 2016 / 11:17 / il y a un an

RPT-Tokyo va lancer un appel d'offres gigantesque pour sa défense

(RPT mastics)

par Siva Govindasamy

TOKYO, 30 juin (Reuters) - Le Japon s‘apprête à lancer en juillet un appel d‘offres portant sur la livraison d‘avions de combat d‘un montant évalué à 40 milliards de dollars a annoncé jeudi le ministère de la Défense, dans un contexte de tensions régionales alimentées par les revendications maritimes de Pékin.

Pour cet appel d‘offres, qui s‘annonce comme l‘un des plus importants de l‘histoire récente, un porte-parole du ministère a indiqué que Tokyo contacterait à la fois des constructeurs japonais et étrangers pour la livraison d‘une centaine d‘appareils.

Selon des sources proches du dossier, Boeing et Lockheed Martin ont été invités à participer au projet, de même que Mitsubishi Heavy Industries (MHI), principal spécialiste japonais du secteur.

Les sources ont ajouté que la décision définitive était attendue à l‘été 2018.

D‘un montant évalué à une quarantaine de milliards de dollars (36 milliards d‘euros), le “programme F3” vise à équiper l‘armée japonaise d‘avions de combats aussi récents que possible et attirer les principaux groupes de la planète, mais beaucoup d‘analystes pensent que la préférence de Tokyo ira à des appareils susceptibles de s‘inscrire dans la stratégie japonaise intimement liée aux Etats-Unis, donnant un avantage considérable aux groupes américains.

TENSIONS AVEC PÉKIN

Le lancement de l‘appel d‘offres intervient alors que le Japon est à la recherche d‘un appareil qui lui permettra de conserver sa supériorité aérienne face à la Chine dont les revendications en mer de Chine du Sud préoccupent Tokyo, son allié américain et les autres puissances régionales.

L‘aviation chinoise accuse encore un certain retard sur celle des Etats-Unis et de leurs alliés, même si Pékin s‘efforce combler ce fossé en développant ses capacités militaires, incitant le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à durcir sa rhétorique martiale.

Présenté comme le successeur du programme d‘avions de combat polyvalent Mitsubishi F-2, le nouvel appareil devra opérer en synergie avec les F-35 de Lockheed que le Japon a déjà commandés et les F-15Js que Tokyo modernise.

Le Japon n‘écarte pas la solution étrangère à condition que les appareils soient construits sous licence dans l‘archipel, comme c‘est le cas du F-15Js, ont dit des sources proches du dossier.

“Nous sommes bien évidemment intéressés par l‘opportunité de prolonger le partenariat qui nous lie depuis longtemps au Japon”, a déclaré Lockheed Martin dans un courriel adressé à Reuters. “Nous sommes impatients d‘en savoir davantage sur le projet F-3 du Japon.”

APPAREIL FURTIF

Chez Boeing, on dit également être intéressé par le projet. “Nous cherchons en permanence à accroître notre présence au Japon et nous sommes ouverts à des discussions avec le client pour voir comment l‘aider à remplir ses objectifs de défense”, dit le groupe aéronautique dans un courriel également adressé à Reuters.

Selon des sources ayant connaissance du programme F-3, le Japon cherche de longue date à s‘équiper d‘un bimoteur furtif doté d‘un large rayon d‘action et armé de missiles abrités en soute.

Pour l‘heure, le seul appareil en service correspondant à ces caractéristiques est le F-22 de Lockheed Martin mais cet appareil n‘est plus produit et les Etats-Unis ne l‘ont pas rendu disponible à l‘exportation malgré l‘intérêt manifesté par Tokyo.

Ces éléments confortent la thèse d‘un programme d‘appareils conçus au Japon, disent les sources de Reuters, au risque de faire grimper la facture alors que Tokyo cherche à réduire ses dépenses budgétaires.

Au-delà de Boeing et Lockheed Martin, d‘autres constructeurs pourraient tenter de faire valoir leur expertise, à l‘image du consortium européen Eurofighter, qui réunit Airbus Group , BAE Systems et Leonardo Finmeccanica , constructeur du Typhoon, et Saab qui a récemment dévoilé la dernière version de son avion de combat Gripen.

S‘exprimant au nom du consortium Eurofighter, un porte-parole de la division Airbus Defense and Space a dit “être en contact régulier avec le Japon et l‘industrie japonaise pour discuter (...) des opportunités potentielles de collaboration.”

Contacté par Reuters, un porte-parole de Saab a dit ne pas être en mesure de commenter l‘appel d‘offres. (Nicolas Delame pour le service français, édité par Cyril Altmeyer)

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