TTIP: Washington pourrait négocier simultanément avec Londres et l'UE

mercredi 29 juin 2016 04h04
 

WASHINGTON, 29 juin (Reuters) - Conséquence de la victoire du Brexit au Royaume-Uni, Barack Obama pourrait tenter de négocier un accord de commerce bilatéral avec la Grande-Bretagne simultanément à la poursuite des négociations commerciales avec l'Union européenne, a déclaré mardi le secrétaire d'Etat John Kerry.

"Je pense que compte tenu de ce qui s'est passé, le président va tenter de mener les deux en même temps", a dit le chef de la diplomatie américaine. "Il sait comment mener plusieurs tâches à la fois", a-t-il ajouté lors d'une conférence à Aspen.

Son porte-parole, John Kirby, a précisé par la suite que Kerry n'annonçait pas un plan de négociations séparées entre le Partenariat transatlantique sur le commerce et l'investissement (TTIP) d'une part, et un accord bilatéral avec Londres de l'autre.

"Le secrétaire (Kerry) n'a pas suggéré une intention de l'administration de négocier simultanément des accords commerciaux avec le Royaume-Uni et avec l'UE, il a simplement indiqué clairement que nous allons travailler avec le Royaume-Uni et l'UE pour mieux comprendre les conséquences du référendum de jeudi sur le TTIP", a-t-il détaillé dans une déclaration envoyée par courrier électronique.

En avril, Obama avait prévenu les Britanniques qu'ils pourraient devoir attendre cinq à dix ans pour conclure un accord de libre échange avec les Etats-Unis s'ils décidaient de quitter l'Union européenne.

Le président démocrate, qui avait alors passé trois jours à Londres pour inciter les Britanniques à voter "oui", avait aussi indiqué que le Royaume-Uni pourrait se retrouver "en queue de peloton" pour conclure un accord commercial avec les Etats-Unis en cas de Brexit.

Obama espère conclure les discussions sur le grand marché transatlantique avant la fin de son mandat, en janvier prochain.

A Bruxelles, où se tenait mardi soir le premier conseil européen depuis la victoire du camp du Brexit au Royaume-Uni, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré que les négociations allaient se poursuivre avec les Etats-Unis.

Angela Merkel a déclaré pour sa part qu'elle ne voyait aucune raison d'arrêter les négociations du fait de la décision des électeurs britanniques. "Personne n'a dit que nous devrions arrêter les négociations, et cela inclut la Grande-Bretagne", a dit la chancelière allemande. "Il y a un mandat clair pour continuer les négociations."

"Certains ici disent qu'en raison du départ de la Grande-Bretagne, nous ne devrions pas continuer parce que l'un des soutiens de l'accord a été perdu", a-t-elle expliqué. "Je pense que c'est la mauvaise approche. Soit nous en voulons et nous allons au bout des négociations, soit nous n'en voulons pas. Pour moi, cela ne suffit pas pour suspendre les négociations." (Arshad Mohammed et Lesley Wroughton avec Noah Barkin à Bruxelles; Julie Carriat et Henri-Pierre André pour le service français)