LEAD 1-Juncker presse Londres d'activer l'article 50

mercredi 29 juin 2016 01h14
 

BRUXELLES, 29 juin (Reuters) - Il n'y aura pas de négociation avec le Royaume-Uni tant que Londres n'aura pas officiellement notifié ses partenaires européens de sa volonté de quitter l'Union européenne, a insisté mardi soir Jean-Claude Juncker, pressant les Britanniques de lancer le processus.

"Nous voulons que l'article 50 soit activé. Il faut accélérer, nous n'avons pas des mois pour méditer", a dit le président de la Commission européenne, qui s'exprimait à l'issue d'un dîner de travail des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit, en présence donc du Premier ministre britannique David Cameron.

L'article 50 du traité européen de Lisbonne encadre le processus de sortie de l'UE. Seul l'Etat membre qui décide de se retirer peut l'activer en notifiant son intention au Conseil européen, ouvrant une période de deux ans pour négocier les modalités du divorce et des relations futures avec l'UE.

Juncker a également fait part de son incompréhension face à l'attitude des partisans du Brexit au Royaume-Uni. Il a dit ne pas comprendre que ceux qui militaient en Grande-Bretagne pour une sortie de l'UE soient incapables à présent de dire ce qu'ils veulent.

Si le successeur de Cameron est issu du camp du Brexit, a-t-il ajouté, il devra activer l'article 50 dès le lendemain de son arrivée au pouvoir.

De son côté, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a relevé que tout le monde reconnaissait qu'un divorce ordonné était dans l'intérêt de chacun.

S'il faut, a-t-il estimé, laisser le temps à la "poussière de retomber" après le référendum choc de jeudi dernier, Tusk a ajouté que Cameron retournerait à Londres avec un message clair sur la nécessité d'ouvrir aussi vite que possible le processus de sortie de l'UE. (Robert-Jan Bartunek; Henri-Pierre André pour le service français)