Pas d'accès au marché intérieur sans les 4 libertés, redit Hollande

mercredi 29 juin 2016 00h54
 

BRUXELLES, 29 juin (Reuters) - Le Royaume-Uni devra accepter les quatre libertés de circulation - des personnes, des capitaux, des biens et des services - s'il veut conserver l'accès au marché intérieur européen et le "passeport" pour ses banques, a déclaré mardi soir François Hollande.

Le Royaume-Uni supportera l'essentiel des conséquences économiques négatives de la sortie de l'Union, que l'Europe peut éviter grâce à l'action de la Banque centrale européenne (BCE) et des Etats, a ajouté le président français après un dîner consacré au Brexit au Conseil européen.

François Hollande, qui a souligné que le président de la BCE, Mario Draghi, avait confirmé que la banque centrale était particulièrement attentive à la situation, a estimé que l'Europe et la France pouvaient parfaitement surmonter ces difficultés économiques.

"Pour accéder au marché intérieur, il faut respecter les quatre libertés de circulation, des biens, des capitaux, des services et des personnes et il ne sera pas possible pour le Royaume-Uni, quelles que soient les options qu'il choisira, de pouvoir accéder au marché intérieur sans l'application de cette règle, de ces libertés", a dit le président français.

"De la même manière, pour accéder au marché intérieur européen, il faut contribuer au budget européen, c'est ce que fait un pays comme la Norvège", possible modèle pour les futures relations avec le Royaume-Uni après sa sortie de l'UE, a ajouté le chef de l'Etat devant la presse.

S'ils refusent la liberté de circulation, un des principaux objets de la campagne pour le Brexit, "ils n'auront plus l'accès au marché intérieur et la City qui, grâce à la présence du Royaume-Uni dans l'Union européenne, pouvait faire des opérations de compensation en euro, alors même que le Royaume-Uni n'est pas membre de la zone euro, ne pourra plus les faire", a-t-il encore déclaré.

"Quand on veut remettre en cause un des principes fondateurs de l'Union, on se met en dehors de l'Union en en perdant les avantages et un certain nombre d'atouts que l'Union procure et apportait jusqu'à présent - encore pour quelques mois - à ce pays."

Au yeux du président français, il ne s'agit pas de punir le peuple britannique, mais pendant un temps, ce dernier va subir les conséquences de sa décision.

Interrogé sur le souhait de la présidente du Front national, Marine Le Pen, d'organiser un référendum comparable en France, François Hollande a répondu que l'élection présidentielle de 2017 se jouerait aussi en partie sur les questions européennes et la participation de la France à l'UE. (Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau)