Le Japon doit pouvoir intervenir sur le yen-conseiller d'Abe

mardi 28 juin 2016 10h42
 

TOKYO, 28 juin (Reuters) - Le Japon ne doit pas renoncer à intervenir directement sur le marché des changes si le yen s'apprécie fortement, a déclaré mardi l'un des principaux conseillers économiques du Premier ministre Shinzo Abe après les turbulences provoquées sur les marchés par le vote britannique en faveur d'une sortie de l'Union européenne.

Koichi Hamada, ancien professeur d'économie à l'université américaine de Yale, a également déclaré à Reuters que la politique monétaire menée par la Banque du Japon fonctionnait mais que l'institution devrait adopter de nouvelles mesures de soutien en cas d'appréciation supplémentaire du yen.

"Le Japon ne doit pas abandonner son droit à intervenir sur le marché des changes dans des situations extrêmes, en clair lorsque le yen monte fortement", a dit Koichi Hamada, conseiller spécial du gouvernement.

La dernière intervention des autorités japonaises sur le marché des devises pour faire baisser le yen remonte à 2011. Mais les spéculations sur la possibilité d'une nouvelle intervention ont ressurgi ces dernières semaines face à l'appréciation rapide de la monnaie.

Le yen a atteint vendredi dernier son plus haut niveau depuis novembre 2013 face au dollar à 99,00, porté par la recherche de valeurs refuges après la victoire du camp du "Leave" au référendum britannique de la veille sur l'UE.

Mardi, il s'échangeait autour de 102 pour un dollar.

Pour Koichi Hamada, "les autorités monétaires japonaises ont le droit d'amortir les fluctuations extrêmes du taux de change en intervenant et en influençant l'évolution du taux de change par le biais d'une politique monétaire conforme à leurs objectifs macroéconomiques".

Il a ajouté que les interventions devaient s'en tenir à contrer des mouvements anormaux considérés comme relevant de la spéculation.

"Je crois que les devises et les marchés actions ont surréagi au choc provoqué par le Brexit", a également dit Koichi Hamada. "Je crois que les effets réels du Brexit sur le long terme ne seront pas aussi importants que certains le craignent aujourd'hui."   Suite...