BOURSE-GB-Menacé de récession, le secteur de la construction plonge

lundi 27 juin 2016 16h16
 

LONDRES, 27 juin (Reuters) - Les valeurs britanniques du secteur de la construction ont perdu jusqu'à 40% de leur valeur boursière en moins de deux séances après le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, la menace d'une récession ayant totalement éclipsé leur statut de valeur refuge.

Ce mouvement généralisé a déjà fait fondre d'environ huit milliards de livres (6,7 milliards d'euros) la capitalisation cumulée des quatre grands noms du marché, Taylor Wimpey, Persimmon, Barratt et Berkeley.

"On est passé d'une situation de certitude, de clarté et de confiance à une absence totale (de ces trois facteurs)", résume Robin Hardy, analyste de Shore Capital.

Le secteur britannique de la construction a en effet été marqué ces cinq dernières années par une croissance régulière des profits et une augmentation des taux de distribution aux actionnaires après la reprise qui a suivi la crise de 2008. Et ses principaux acteurs disaient jusqu'à présent tabler sur une poursuite de leur croissance.

L'incertitude sur l'issue du référendum avait toutefois déjà pesé sur les cours avant le scrutin et début juin, Berkeley avait fait état d'une chute de 20% des réservations de nouveaux logements.

Certains économistes craignent désormais une récession au Royaume-Uni, ce qui pourrait provoquer une remontée du chômage et une baisse de la confiance des ménages, donc une dégradation de la demande de logements.

Aynsley Lammin, analyste de Canaccord, estime que ses prévisions de résultats pour les spécialistes de la construction résidentielle sont remises en question mais il ajoute qu'ils ont les moyens de résister à une crise.

"Ils ne sont pas très endettés, la plupart d'entre eux disposent d'une trésorerie positive et ils sont très disciplinés, donc je pense qu'à un moment donné, ils trouveront un support en terme de valorisation", explique-t-il.

Vers 15h05 GMT, Barratt chutait de 20,4%, Taylor Wimpey de 17% Persimmon de 18,4% et Berkeley de 15%. Le groupe de matériaux de construction Travis Perkins abandonnait quant à lui 19,6%.

Ces valeurs souffrent aussi des déclarations du ministre britannique des Finances, George Osborne pendant la campagne du référendum sur le risque d'une baisse de 10% à 18% des prix de l'immobilier en cas de vote favorable à la sortie du pays de l'UE, un avertissement que les partisans du "Leave" s'étaient efforcés de minimiser.

(Sarah Young; Marc Angrand pour le service français)