Afflux de demandes de passeports irlandais après le Brexit

lundi 27 juin 2016 15h11
 

DUBLIN, 27 juin (Reuters) - L'Irlande a enregistré une forte hausse des demandes de passeports de la part de ressortissants britanniques souhaitant rester citoyens de l'Union européenne, après le vote sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'organisation communautaire, indique le ministère irlandais des Affaires étrangères.

Toute personne née en république d'Irlande ou en Irlande du Nord ou ayant un parent ou un grand-parent de nationalité irlandaise est éligible à un passeport irlandais.

On estime à plus de six millions le nombre de personnes d'ascendance irlandaise résidant en Grande-Bretagne.

Les bureaux de poste de l'Ulster sont à court de formulaires tandis que l'ambassade d'Irlande à Londres a reçu plus de 4.000 dossiers contre les quelque 200 enregistrés quotidiennement en temps normal, a précisé une source diplomatique.

"Après le référendum au Royaume-Uni, il y a eu un pic (des demandes) en faveur de passeports irlandais en Irlande du Nord, en Grande-Bretagne et ailleurs bien que le niveau de la demande ait été exagéré", explique Charlie Flanagan, le ministre irlandais des Affaires étrangères, dans un communiqué.

"Cette hausse exprime clairement une forme d'inquiétude parmi les détenteurs de passeports britanniques de voir prendre fin brutalement les avantages dont ils bénéficient en tant que citoyens européens", ajoute le ministre.

Un membre du Sinn Féin, principale formation républicaine d'Irlande du Nord, a demandé aux autorités de Dublin d'ouvrir à Belfast une antenne dédiée à la délivrance de passeports alors que les bureaux de poste manquent de formulaires pour traiter les demandes.

Même le député unioniste Ian Paisley Jr. , fils d'un farouche opposant aux revendications des nationalistes en faveur d'un rapprochement avec l'Irlande, a proposé son aide.

"Mon conseil est que si vous avez droit à un second passeport, prenez-le. J'ai signé tout un tas de formulaires pour des administrés", écrivait-il sur Twitter après le référendum de jeudi.

(Padraic Halpin; Pierre Sérisier pour le service français)