LEAD 1-Après le choc du Brexit, Wall Street espère un retour au calme

lundi 27 juin 2016 07h46
 

(Actualisé avec les premières indications des futures §3)

par Noel Randewich et Caroline Valetkevitch

NEW YORK, 27 juin (Reuters) - Après la secousse provoquée vendredi par le vote britannique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, Wall Street espère reprendre ses esprits au cours des prochaines séances, notamment avec le retour au premier plan des interrogations sur la conjoncture américaine et sur les résultats des sociétés cotées.

La baisse de 3,59% subie vendredi par l'indice phare Standard & Poor's-500 l'a fait repasser en territoire négatif depuis le 1er janvier. Mais même s'il s'agit du plus marqué en une seule séance depuis dix mois, ce recul n'empêche pas certains observateurs d'espérer un rebond rapide.

Les premières indications données par les futures dimanche soir laissaient présager une ouverture de Wall Street en repli modéré lundi. Les contrats futures sur les Treasuries, emprunts d'Etat américains, annonçaient eux une ouverture en hausse de ces derniers, signalant une certaine aversion au risque après le vote sur le Brexit.

Parmi les motifs d'optimisme évoqués figurent la perspective d'un maintien prolongé de taux bas, l'espoir d'une amélioration des comptes des entreprises et l'hypothèse d'une rupture lente, et non brutale, entre Londres et l'UE, avec un impact économique limité.

"Je ne pense pas que cela déclenche un mouvement baissier dans ce pays. Les gens ne vont pas aller jusqu'à dire que la fin du monde est proche; ce n'est pas le cas", explique Ken Polcari, directeur de l'activité NYSE chez O'Neill Securities.

Les entreprises américaines sont pourtant loin d'être immunisées contre les retombées du Brexit: la Grande-Bretagne était l'an dernier le cinquième client des exportateurs américains avec 56 milliards de dollars d'achats selon le Census Bureau américain. L'appréciation du dollar face à la livre sterling et à d'autres devises va donc forcément pénaliser les exportations des sociétés basées aux Etats-Unis.

"Beaucoup de choses vont être réexaminées, suspendues, certaines opérations déjà lancées vont devoir être remises en question", dit Steve Massocca responsable de la stratégie d'investissement de Wedbush Equity Management. "Mais au final, cela n'aura pas un impact fondamental sur la manière dont on traite les affaires dans le monde."   Suite...