L'ABE pourrait quitter Londres, bataille en vue pour l'accueillir

lundi 27 juin 2016 09h26
 

par Francesco Guarascio

BRUXELLES, 26 juin (Reuters) - L'Union européenne se prépare déjà à déménager l'Autorité bancaire européenne (ABE) installée à Londres, tirant ainsi les conséquences du vote britannique pour la sortie de l'UE, ont déclaré plusieurs responsables européens dimanche, donnant le coup d'envoi d'une course entre Paris et Francfort pour accueillir cet influent organisme.

Au lendemain de la démission du commissaire britannique Jonathan Hill, qui était chargé des services financiers au sein de l'exécutif communautaire, et de son remplacement par Valdis Dombrovskis, le "M. Euro" de la CE, ces déclarations illustrent les risques de mise à l'écart auxquels est d'ores et déjà exposée la City londonienne, qui feront inévitablement partie des négociations sur le "Brexit".

Le vote des électeurs britanniques pourrait conduire à la relocalisation dans d'autres pays européens de milliers d'emplois financiers pour l'instant basés à Londres, dont ceux de l'ABE. Cette dernière, qui a pour mission de rédiger et de faire respecter les règles applicables à l'ensemble des banques de l'UEE, emploie 159 personnes.

Elle devrait être relocalisée "bientôt", ont dit deux responsables de l'UE à Reuters. Et les observateurs considèrent Paris et Francfort, les deux principales places financières continentales, comme ses nouvelles destinations les plus probables, même si Dublin a aussi ses chances.

Milan, la capitale économique et financière de l'Italie, pourrait aussi entrer en lice: l'ex-président du Conseil Enrico Letta a déjà appelé le gouvernement de Matteo Renzi à envisager de défendre la candidature milanaise.

Une porte-parole de l'ABE, fondée en 2011 pour améliorer la réglementation financière après la crise financière de 20067-2009, a déclaré que toutes les décisions sur une éventuelle relocalisation de l'agence devraient être prises au niveau de l'UE.

La contribution du secteur financier à l'économie britannique a représenté 190 milliards de livres (231 milliards d'euros) en 2014, soit 12% du PIB environ. Ce secteur emploie 2,2 millions de personnes en Grande-Bretagne, dont 90% environ des effectifs européens des banques d'investissement américaines et représente 78% de l'activité des marchés de capitaux des autres Etats membres de l'UE en Grande-Bretagne.

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