Le rôle du Royaume-Uni au sein d'Airbus menacé par le Brexit

dimanche 26 juin 2016 15h34
 

par Tim Hepher

PARIS, 26 juin (Reuters) - Si Airbus a appelé vendredi la Grande-Bretagne à préserver sa compétitivité industrielle après le vote favorable à la sortie de l'Union européenne, des spécialistes du secteur aéronautique soulignent que Londres ne peut plus considéré comme acquise sa place au sein du groupe aéronautique.

"J'espère que le divorce se fera en veillant à minimiser les dommages économiques pour tous ceux affectés par le Brexit", a déclaré vendredi Tom Enders, le président exécutif d'Airbus Group. "La Grande-Bretagne va souffrir mais je suis sûr qu'elle veillera d'autant plus à la compétitivité de son économie vis-à-vis de l'UE et du monde dans son ensemble."

Airbus, fondé en 1970, possède des usines en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne et en Espagne; les sites anglais, qui emploient 15.000 personnes, produisent les ailes des avions de ligne du groupe.

Les grandes décisions d'investissement dans le secteur aéronautique ayant des retombées étalées sur une dizaine d'années, Airbus a déclaré que ses activités au Royaume-Uni ne seraient pas affectées dans l'immédiat par l'issue du référendum mais il a ajouté qu'il pourrait réévaluer sa présence dans le pays à plus long terme.

Tom Enders, qui s'était exprimé publiquement ces derniers mois en faveur du maintien dans l'UE, a déclaré que, "bien sûr, nous réexaminerons notre stratégie d'investissement au Royaume-Uni, (comme) tout le monde le fera".

En fait, ce discours reflète une évolution déjà engagée au sein du numéro un européen du secteur aéronautique en faveur d'une culture liée davantage aux réalités de ses marchés qu'à l'équilibre de la répartition entre pays, un changement lié à la refonte de la structure de son capital en 2013.

S'il n'y a pas de lien direct entre le fonctionnement d'Airbus et celui de l'Union européenne, certains analystes estiment qu'une sortie de la Grande-Bretagne de cette dernière ne ferait qu'intensifier la concurrence déjà réelle avec des pays tels que l'Inde, la Chine, le Mexique ou le Canada.

Au sein même d'Airbus, l'Allemagne et l'Espagne lorgnent depuis longtemps déjà la production d'ailes.   Suite...