La BRI prône des mesures d'urgence face à un "trio de risques"

dimanche 26 juin 2016 14h26
 

par Marc Jones

LONDRES, 26 juin (Reuters) - Il est urgent d'engager un rééquilibrage des politiques économiques mondiales, a estimé dimanche la Banque des règlements internationaux (BRI) en évoquant le "trio de risques" que constituent un endettement élevé, une faible croissance de la productivité et un manque de marges de manoeuvre des banques centrales.

A l'occasion de son assemblée générale annuelle à Zurich, la BRI, organe international de coordination des grandes banques centrales, souligne ainsi les menaces auxquelles était exposée l'économie mondiale avant même le vote de jeudi en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

"Des évolutions préoccupantes - un trio de risques - rendent l'économie mondiale très vulnérable et appellent à la vigilance: une croissance de la productivité anormalement molle, faisant planer un doute sur une amélioration future des niveaux de vie; une dette mondiale historiquement élevée, soulevant des risques pour la stabilité financière; et une marge de man÷uvre extrêmement réduite pour l'action des pouvoirs publics", a déclaré Claudio Borio, chef du département monétaire et économique de l'organisation.

L'économie mondiale, a-t-il ajouté, ne peut plus se permettre de compter sur un modèle de croissance alimenté par la dette, qui l'a mené à la situation actuelle.

En dépit de taux d'intérêt négatifs et de milliers de milliards de dollars de mesures de soutien, les banques centrales d'Europe et du Japon peine à faire repartir l'inflation et la croissance. Les marchés se sont accoutumés à ce soutien mais s'inquiètent désormais de voir les moyens d'actions proches de l'épuisement.

"Si cette situation devait se prolonger au point de saper la confiance de l'opinion publique dans les politiques menées, les conséquences pour les marchés financiers et l'économie pourraient être graves", a souligné Claudio Borio.

De son côté, le directeur général de la BRI, Jaime Caruana, a exprimé sa confiance dans la capacité des grandes centrales à limiter les turbulences provoquées sur les marchés par le résultat du référendum britannique sur l'UE.

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