25 juin 2016 / 08:57 / dans un an

LEAD 1-La BdF maintient sa prévision de croissance à 1,4% malgré le Brexit

(Actualisé avec précisions)

PARIS, 25 juin (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France a maintenu samedi sa prévision d‘une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la France d‘au moins 1,4% cette année, malgré la victoire du camp du “Brexit” au référendum britannique de jeudi.

“Il n‘y a pas aujourd‘hui si on regarde l‘économie française, de menace de rechute pour les prochains trimestres”, a déclaré François Villeroy de Galhau sur France inter.

Selon lui, l‘impact du Brexit concernera en premier lieu l‘économie britannique.

“Les conséquences seront plus lourdes pour le Royaume-Uni que pour l‘Europe, c‘est d‘abord un sujet britannique”, a-t-il observé.

“Le Royaume-Uni risque de perdre, si nous ne trouvons pas d‘accord commercial, 450 millions de clients, parce que c‘est ça le grand marché intérieur. La France, elle, risque de perdre 60 millions de clients”, a souligné François Villeroy de Galhau.

Le gouverneur de la Banque de France, également membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a estimé que la mobilisation des banques centrales vendredi pour répondre aux turbulences financières consécutives au scrutin “a été efficace sur le plan collectif”.

“Cette coopération européenne et internationale a été efficace pour éviter que le choc financier se transforme en panique et en rupture”, a-t-il dit.

A plus long terme, François Villeroy de Galhau a plaidé pour que les négociations sur les modalités de sortie du Royaume-Uni de l‘Union européenne soient lancées rapidement pour réduire l‘incertitude, principale menace pour les acteurs économiques et les investisseurs.

Pour gérer ce “divorce commercial”, le Royaume-Uni pourrait par exemple appliquer le “modèle norvégien”, ce qui lui permettrait de conserver l‘accès au marché intérieur sous réserve de s‘engager à appliquer l‘ensemble des règles européennes.

Mais “ça serait un tout petit peu paradoxal d‘être sorti de l‘Europe pour s‘engager à appliquer l‘ensemble des règles européennes”, a-t-il souligné.

Les négociations conditionneront également l‘avenir de la City de Londres, a rappelé François Villeroy de Galhau car “si demain la Grande-Bretagne ne fait pas partie du marché intérieur, la City ne peut pas garder son passeport européen”.

Le “passeport européen” permet aux banques implantées dans n‘importe quel pays de l‘Union européenne (UE) d‘opérer dans tous les autres.

Cette éventualité pourrait représenter une chance pour la place de Paris, a déclaré François Villeroy de Galhau. Soulignant les atouts de la France, il a cependant précisé qu’“il faut sans doute que nous fassions encore des réformes plus grandes pour être très attractifs pour les investisseurs”. (Myriam Rivet, édité par Tangi Salaün)

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