Ferragamo ne voit pas d'embellie pour le secteur du luxe

dimanche 19 juin 2016 17h23
 

19 juin (Reuters) - Salvatore Ferragamo va mettre l'accent sur ses marges cette année en réponse au ralentissement de la croissance du secteur du luxe, a déclaré dimanche son administrateur délégué sortant, Michele Norsa.

Le secteur a pâti ces derniers mois du ralentissement de la demande en Chine, de la chute des cours du pétrole, de la volatilité des taux de change et des attentats terroristes en Europe qui y ont réduit le flux de touristes aisés.

Ferragamo avait annoncé en mai une hausse plus forte que prévu, de 5%, de son résultat d'exploitation au premier trimestre mais son chiffre d'affaires s'est contracté de 2% à 321 millions d'euros.

S'exprimant avant la Fashion Week de la mode masculine à Milan, Michele Norso a reconnu que la gestion des risques était devenue primordiale pour le secteur du luxe.

"La croissance ne sera plus aussi forte que dans les années passées, quand l'économie chinoise et les nouveaux marchés représentaient de réelles opportunités", a-t-il dit.

Ferragamo, dont le fondateur avait conçu les ballerines d'Audrey Hepburn, est bien parti pour continuer d'accroître sa rentabilité et ne pense pas être affecté par une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le maroquinier de Florence se focalise sur ses marges plutôt que sur les ventes "car l'évolution des volumes est difficile à prévoir", a ajouté l'administrateur délégué.

Norsa, à la tête du groupe depuis 10 ans, se retirera en fin d'année pour laisser la place à Eraldo Poletto, ancien patron des sacs à main Furla.

L'action Ferragamo a plus que doublé de valeur depuis ses débuts en Bourse en 2011 mais le titre a flanché de 9% depuis le début de l'année en raison des difficultés du secteur du luxe.

Pour réduire leurs frais, dix maisons de haute couture ont décidé de ne pas présenter de collection à la Fashion Week masculine qui a débuté vendredi à Milan, parmi lesquelles Calvin Klein, Ermenegildo Zegna et deux filiales de Kering, Brioni et Bottega Veneta.

D'autres marques, parmi lesquelles Burberry, Gucci et Tom Ford, ont aussi annoncé ces derniers mois leur intention de grouper à l'avenir les défilés hommes et femmes. (Giulia Segreti, Véronique Tison pour le service français)