Les "majors" cèdent les petites raffineries et assurent leurs marges

vendredi 17 juin 2016 11h00
 

par Jessica Resnick-Ault

NEW YORK, 17 juin (Reuters) - Chevron et Royal Dutch Shell mettent en vente de petites raffineries, réduisant leurs actifs à faible marge dans un contexte de remontée des cours pétroliers.

Chevron, le deuxième pétrolier américain, a dit à Reuters qu'il cédait sa raffinerie de Burnaby (Colombie britannique) ainsi que des stations service, tandis que Shell recherche un acheteur pour sa raffinerie californienne de Martinez, selon deux sources au fait du dossier. Shell s'est abstenu de tout commentaire.

Chevron, Shell, BP et Exxon Mobil ont vendu ces trois dernières années des capacités de raffinage américaines représentant plus d'un million de barils par jour (bpj), selon le consultant Stratas Advisors.

Les cinq premières "majors" mondiales disposent encore de suffisamment de capacités aux Etats-Unis pour raffiner autour de 4,7 millions bpj.

Les marges de raffinage ont culminé en 2015 mais elles se sont dégradées depuis. Avec la remontée des cours du brut, le prix de revient du pétrole va augmenter pour les raffineurs qui craignent que les prix à la pompe ne suivent pas le même rythme.

Vendre les raffineries tant que les marges restent suffisamment élevées est un moyen pour les majors de sortir la tête haute sans affaiblir leur bilan.

Chevron a également dit à Reuters qu'il avait fait appel à Rothschild pour placer sa participation de 75% dans une raffinerie sud-africaine. La cinquième major, Total, a engagé Lazard pour vendre une participation de 50% dans sa seule raffinerie aux Etats-Unis mais il n'a pu récolter le prix qu'il demandait, selon des sources.

Le raffinage est resté un segment rentable durant les deux années difficiles qu'a connu le marché pétrolier et les sites peuvent donc se vendre à un prix relativement élevé, supérieurs à ceux des actifs de prospection et de production.   Suite...