Des milliers de Grecs manifestent aux abords du parlement

mercredi 15 juin 2016 20h51
 

ATHENES, 15 juin (Reuters) - Plusieurs milliers de Grecs ont manifesté mercredi aux abords du parlement, à Athènes, contre le gouvernement dominé par le parti de gauche radicale Syriza et contre la dernière série en date de mesures d'austérité exigées par les créanciers internationaux de la Grèce en échange du déblocage d'une aide financière.

Si le rassemblement de mercredi était le plus important depuis le mois de février, avec plus de 5.000 participants, il a été bref et s'est déroulé dans le calme.

Les manifestants ont déployé des banderoles avec des slogans comme "Rentrez chez vous!" et ont scandé "Honte à vous!".

"Nous protestons contre les mensonges que (le Premier ministre) Alexis Tsipras a racontés au peuple grec", déclarait un manifestant de 60 ans, Ioannis Papadopoulos, en agitant une pancarte avec ce mot: "Démission!"

"Ils (les membres du gouvernement de coalition) ont détruit la Grèce", estimait-il.

Le parlement grec a approuvé en mai et juin plusieurs trains de mesures d'austérité, dont une réforme des retraites et des hausses d'impôt, en échange d'une tranche de 7,5 milliards d'euros qui doit être débloquée la semaine prochaine.

Mais, après six années de sacrifices, la majeure partie des Grecs ne pensent pas que le gouvernement en place puisse tirer le pays hors de sa pire crise financière depuis des décennies, selon un sondage de l'institut Alco publié par le journal Ta Nea.

Le rassemblement place Syntagma, théâtre de violents heurts avec les forces de sécurité ces dernières années, s'est déroulé mercredi alors que les députés débattaient d'un projet de loi offrant aux gros investisseurs plus de dix années sans hausse d'impôt, cela pour promouvoir l'entrepreneuriat dans un pays qui cherche à renouer avec la croissance après pratiquement sept années de récession.

Aux abords du parlement, les manifestants ont diffusé l'enregistrement de discours prononcés par Alexis Tsipras durant la campagne électorale, dans lesquels il s'engageait à protéger les retraites et à abroger une impopulaire taxe sur la propriété immobilière. (Lefteris Papadimas et Renee Maltezou; Eric Faye pour le service français)