La dette souveraine irlandaise pénalisée par le risque de Brexit

mercredi 15 juin 2016 15h38
 

par John Geddie

LONDRES, 15 juin (Reuters) - Les inquiétudes des investisseurs sur les conséquences d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne pour l'Irlande, dont la Grande-Bretagne est le premier partenaire économique, ont entraîné une augmentation de la prime payée par Dublin sur ses emprunts d'Etat par rapport à ceux de l'Allemagne, référence pour le marché obligataire européen.

L'écart de rendement sur les emprunts d'Etat à dix ans de l'Irlande et de l'Allemagne a atteint jusqu'à 88 points de base mercredi, au plus haut depuis juillet 2015, selon des données Tradeweb.

Les derniers sondages donnent le camp du "Leave" en tête des intentions de vote à huit jours du référendum du 23 juin sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE tandis que le Sun, principal titre de la presse tabloïd britannique, a appelé ses lecteurs à voter en faveur du Brexit.

Pour l'Irlande, dont l'économie n'a pas complètement effacé les séquelles de la crise financière de 2008-2009, un Brexit aurait de lourdes conséquences.

"Au cours de ces derniers jours l'Irlande a clairement sous-performé, les marchés la sanctionnant en raison de ses liens commerciaux étroits avec le Royaume-Uni", commente Martin van Vliet, stratégiste taux chez ING.

Un recul de 1% du produit intérieur brut britannique a entraîné dans le passé une contraction de 0,3% de l'activité en Irlande, toutes choses égales par ailleurs, selon des calculs réalisés par le courtier Davy Stockbrokers.

En plus de ses conséquences économiques, un éventuel Brexit pourrait avoir des répercussions sur la situation de l'Irlande du Nord sous administration britannique, sur la sécurité des approvisionnements de l'Irlande en énergie et sur la liberté de circulation pour les très nombreux Irlandais travaillant en Grande-Bretagne.

L'écart de rendement (spread) entre les emprunts d'Etat à 10 ans irlandais et allemands s'est creusé de 23 points de base cette semaine, le creusement le plus marqué parmi les pays de la zone euro à l'exception du Portugal et de la Grèce particulièrement pénalisés par le regain d'aversion au risque des investisseurs.   Suite...