LEAD 1-Porsche discutera du dividende de VW lundi-sources

mardi 14 juin 2016 18h32
 

(Actualisé avec des précisions)

BERLIN/HAMBOURG, 14 juin (Reuters) - Le conseil de surveillance de Porsche se réunira lundi prochain, soit deux jours avant l'assemblée générale annuelle de Volkswagen (VW), pour déterminer la conduite à tenir lors des votes et décider en particulier s'il y a lieu de bloquer un projet de dividende, ont déclaré mardi deux sources proches du dossier.

Des représentants de Porsche SE, la holding des familles Porsche et Piëch qui contrôle 52% des droits de vote de Volkswagen, se sont prononcés contre le projet de VW de verser un dividende sur les résultats de 2015, année du plus gros scandale survenu chez le constructeur automobile de Wolfsburg.

L'un des quatre membres familiaux siégeant au conseil de surveillance de VW, qui en compte 20, avait prévenu ce dernier en avril que le clan Porsche-Piëch s'emploierait à bloquer le dividende lors de l'AG du 22 juin, ont dit à Reuters deux sources au fait du dossier.

Ce qui pourrait mettre le clan en porte-à-faux face aux autres actionnaires déjà confrontés à la perspective de toucher un dividende 2015 bien plus faible que ceux des exercices précédents.

VW a proposé en avril un dividende 2015 de 0,11 euro par action ordinaire et de 0,17 euro par action préférentielle, contre 4,80 et 4,86 euros respectivement pour 2014.

Porsche SE s'est abstenu de tout commentaire.

Si VW passait le dividende deux années d'affilée, cela pourrait avoir des conséquences considérables. Les détenteurs d'actions préférentielles sont dépourvus de droit de vote mais la situation changerait s'ils ne percevaient pas de dividende deux années durant, suivant le droit boursier allemand.

Cela aboutirait non seulement à diluer le pouvoir du clan Porsche-Piëch, qui a encore un peu de marge de manoeuvre avant que sa participation ne tombe à moins de 50%, mais aussi à réduire immédiatement l'influence du Land de Basse-Saxe, qui abrite le siège social de VW et détient 20% du capital.

Le Land dispose d'un droit de veto particulier sur les décisions de la direction, si celle-ci décidait par exemple de fermer des usines. Si sa participation tombe à moins de 20%, le Land perdrait ce droit, ouvrant la voie à une restructuration d'ampleur de VW que d'autres actionnaires appellent de leurs voeux. (Andreas Cremer et Jan Schwartz, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)