Bâle-Oudéa interpelle l'UE sur de nouvelles règles prudentielles

mardi 14 juin 2016 12h10
 

PARIS, 14 juin (Reuters) - Le directeur général de Société générale, qui préside la Fédération bancaire européenne, interpelle la future présidence slovaque de l'Union européenne pour lui demander d'examiner les nouvelles règles prudentielles envisagées par le comité de Bâle et redoutées par le secteur bancaire.

"De nouvelles augmentations dans les niveaux de capitaux requis ne peuvent qu'obérer la capacité des banques à financer l'économie", écrit Frédéric Oudéa au ministre slovaque des Finances Peter Kazimir, dans un courrier vu par Reuters.

Les besoins en argent frais des banques pourraient s'élever à "des centaines de milliards d'euros", ajoute-t-il.

De nombreuses banques européennes font campagne contre un "Bâle IV", nouvel ensemble de mesures qui renforcerait encore leurs besoins en fonds propres.

Ces banques estiment avoir déjà fait les efforts nécessaires induits par le cycle de Bâle III décidé par la communauté internationale après l'éclatement de la crise financière de 2007-2008.

"Nous vous exhortons de profiter du premier Ecofin (réunion des ministres des Finances) en juillet pour vous pencher avec vos collègues sur les conséquences de ces changements de règles pour l'Europe", plaide Frédéric Oudéa.

Le régulateur français fait valoir que les discussions en cours ne visent qu'à finaliser les normes de Bâle III sans provoquer un accroissement significatif des exigences de fonds propres pour les banques européennes.

"Il s'agit bien de lancer Bâle III, pas de lancer un Bâle IV qui n'existe pas", avait déclaré en mars le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, lors d'une audition au Sénat. (Julien Ponthus et Maya Nikolaeva, édité par Dominique Rodriguez)