RPT-LEAD 1 Chine-Plus faible croissance des investissements depuis 2000

lundi 13 juin 2016 11h46
 

(Rpt titre)
    PEKIN, 13 juin (Reuters) - La croissance des investissements
en actifs fixes au cours des cinq premiers mois de l'année en
Chine est tombée sous la barre des 10% pour la première fois
depuis 2000, ce qui ravive les anticipations de nouvelles
mesures de soutien à l'économie.
    Le gouvernement s'est montré plus prudent sur les moyens de
relancer l'activité après des commentaires, publiés le mois
dernier dans la presse officielle, pointant les risques d'une
hausse de l'endettement du pays.
    "Les chances d'une baisse du RRR (ratio de réserves
obligatoires des banques), voire des taux d'intérêt d'ici la fin
du deuxième trimestre, sont en hausse", a déclaré Zhou Hao,
économiste chez Commerzbank.
    Au vu de la persistance du ralentissement économique
chinois, d'autres analystes sont également d'avis que des
mesures de relance supplémentaires sont susceptibles d'être
prises au cours des prochains mois.
    "Le gouvernement pourrait mettre en place de nouveaux
instruments de politique budgétaire, comme par exemple un
processus accéléré de l'approbation de projets d'infrastructures
au vu de la progression des risques baissiers pesant sur la
croissance", a dit Raymond Yeung (ANZ).
    Selon le Bureau national des statistiques, la croissance des
investissements en actifs fixes a augmenté de 9,6% sur la
période janvier-mai par rapport à la même période de 2015, alors
que les économistes s'attendaient à ce qu'elle conserve son
rythme de 10,5% observé de janvier à avril.
    Le taux de croissance des investissements en actifs fixes du
seul secteur privé est tombé à 3,9% sur la période, un plus bas
depuis que la Chine a commencé à compiler cette statistique
depuis 2012, contre 5,2% sur janvier-avril et des taux à deux
chiffres l'an dernier.
    Les autres données publiées ce lundi offrent un tableau un
peu plus encourageant, semblant suggérer qu'une chute brutale de
l'activité pourra être évitée.
    Pour autant, ils ne laissent pas entrevoir d'accélération
notable de la reprise. La croissance de la production
industrielle est restée inchangée en mai, à 6% comme un an plus
tôt et comme en avril. Les économistes interrogés par Reuters
s'attendaient à un léger ralentissement à 5,9%.
    Les ventes au détail ont pour leur part progressé de 10,0%
sur un an en mai, alors que les économistes prédisaient un
rythme de 10,1% identique à celui d'avril.

 (Kevion Yao, Bertrand Boucey et Benoit Van Overstraeten pour le
service français, édité par Véronique Tison)