Constancio (BCE)-Les banques sont "très loin" de thésauriser

vendredi 10 juin 2016 16h37
 

ELTVILE, Allemagne, 10 juin (Reuters) - La politique de taux d'intérêt négatifs de la Banque centrale européenne (BCE) profite aux banques de la zone euro et ceux-ci sont "très loin" de convertir leurs dépôts en liquidités, a déclaré vendredi le vice-président de la BCE, Vitor Constancio.

Des banques, en Allemagne notamment, se plaignent du coût que représentent pour elles le taux négatif pratiqué par la BCE sur les dépôts à ses guichets et des sources ont déclaré à Reuters cette semaine que Commerzbank envisageait de retirer une partie de ses dépôts à la banque centrale pour les transférer dans ses propres coffres.

Vitor Constancio a écarté l'hypothèse d'un mouvement massif de retrait des dépôts bancaires à la BCE, soulignant que même en Suisse, où le taux négatif est plus bas encore que celui de l'institut de Francfort, les dépôts n'ont pas diminué.

Il a toutefois reconnu que la politique de taux négatifs avait des limites car les banques pourraient "à un moment donné" commencer à chercher le moyen de la contourner.

"La politique à un coût (...) et des limites liées à la préférence pour la liquidité, qui pourraient être atteintes à un moment donné", a-t-il dit lors d'une conférence en Allemagne. "Mais nous sommes vraiment très loin de ce niveau."

Il a expliqué que la baisse des coûts de financement, la stabilité des marges d'intérêt, des plus-values exceptionnelles et une hausse des volumes avaient plus que compensé pour les banques l'impact des taux négatifs.

"Jusqu'ici tout va bien, au sens où l'impact global de notre politique sur la rentabilité des banques a été positif, même pour le revenu net d'intérêt", a-t-il dit.

Vitor Constancio a aussi défendu la politique de la BCE centrée sur l'inflation et rejeté les appels à prendre en compte les risques pour la stabilité financière, qui proviennent y compris du président de la Bundesbank allemande, Jens Weidmann.

"Nous pensons que la stabilité financière ne peut pas et ne doit pas être une priorité de la politique monétaire", a-t-il déclaré.

(Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français)