La BCE devra agir encore si l'inflation cale, dit l'OCDE

vendredi 10 juin 2016 12h51
 

PARIS, 10 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) devra assouplir encore sa politique monétaire si l'inflation ne parvient pas à accélérer comme elle l'espère et les pays de la zone euro devraient se donner les moyens de réduire les niveaux de créances douteuses des banques, encore très élevés dans certains pays, pour favoriser la reprise du crédit, estime l'OCDE.

A l'approche du référendum britannique sur le maintien du Royaume-uni au sein de l'Union européenne (UE), le 23 juin, l'Organisation de coopération et de développement économiques prévient qu'une sortie ("Brexit") amputerait d'un point de pourcentage le produit intérieur brut (PIB) de l'UE à l'horizon 2018.

Dans deux études économiques publiées vendredi et consacrées respectivement à l'Union européenne et à la zone euro, l'OCDE ajoute que tout choc économique négatif justifierait un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la BCE, jusqu'à ce que l'inflation évolue clairement à la hausse et tende vers l'objectif d'une hausse des prix proche de mais inférieure à 2% l'an.

Les projections économiques actualisées de la BCE publiées le 2 juin tablent sur une accélération de l'inflation à 1,2% en moyenne sur l'année 2017 et 1,6% en 2018 après 0,2% cette année.

L'OCDE souligne toutefois que les niveaux des créances douteuses et litigieuses (CDL) de certaines banques, principalement en Italie et en Grèce, freinent la croissance du crédit et entravent la transmission à l'économie de la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE.

L'Organisation préconise d'imposer des exigences supplémentaires de fonds propres associées aux CDL détenues de longue date ainsi que la création de structures de défaisance, éventuellement à l'échelle européenne, pour les racheter.

Elle s'attend à une croissance de 1,6% du PIB de la zone euro cette année et de 1,7% en 2017 dans l'hypothèse du maintien du Royaume-uni au sein de l'UE, des prévisions inchangées par rapport à celles formulées dans ses Perspectives économiques de printemps publiées la semaine dernière.

La croissance de l'économie de l'Union européenne dans son ensemble serait quant à elle de 1,8% cette année et de 1,9% en 2017.

Un éventuel "Brexit" réduirait de 1% le PIB de l'UE en 2018 et le choc ne serait toujours pas effacé cinq ans après, prévient l'OCDE, qui confirme ainsi de précédentes estimations.   Suite...