Berlin souhaite que Moscou rejoigne le G7 au plus vite

jeudi 9 juin 2016 21h47
 

BERLIN, 9 juin (Reuters) - Le groupe des sept pays les plus industrialisés de la planète (G7) devrait inviter la Russie à le rejoindre au plus vite, a déclaré le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, dans un entretien diffusé jeudi sur un site internet allemand.

"La Russie est un acteur international majeur, pas une puissance régionale", a déclaré Sigmar Gabriel au site russlandkontrovers.de.

"C'est la raison pour laquelle j'appelle la Russie à rejoindre le groupe et à reconstituer le G8", a-t-il ajouté.

Russlandkontrovers.de est le site internet du forum germano-russe fondé en 1993. Il réunit 400 dirigeants industriels, politiques et universitaires.

La Russie et le G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) ont formé le G8 jusqu'à la suspension de la Russie en raison de son implication dans le conflit ukrainien et de l'annexion par Moscou de la Crimée en mars 2014.

Sigmar Gabriel, qui dirige par ailleurs le Parti social-démocrate allemand (SPD), juge que Moscou reste un partenaire économique important de Berlin et de l'industrie allemande en dépit des tensions et difficultés actuelles. Il est selon lui primordial de renforcer les organisations internationales lorsqu'il y a des divergences à surmonter.

Le ministre a reconnu que l'orientation politique prise en Russie troublait l'Allemagne par bien des aspects tout en soulignant que les réformes se poursuivaient dans le pays.

"La Russie ne voudra pas inverser le processus d'intégration politique et économique qui a déjà été mis en oeuvre avec le reste du monde", a-t-il dit. "Une exclusion à long terme (de la Russie) ne ferait qu'accentuer les divisions qui existent déjà et ne permettra pas de trouver de solution politique."

La Russie a selon lui démontré à plusieurs reprises sa volonté d'ouvrir un dialogue constructif et il est primordial d'écouter les voix favorables aux réformes qui se font entendre au sein du pouvoir à Moscou.

Ces propos interviennent deux jours à peine après ceux qu'a tenus un des principaux conseillers de la chancelière Angela Merkel qui jugeait qu'il était beaucoup trop tôt pour réfléchir à une levée des sanctions économiques visant la Russie. (Andrea Shalal,; Nicolas Delame pour le service français)